Arbrealettres

Poésie

Archive for 26 mars 2017

Comme un chant (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Comme un chant de cloche pour les vêpres douces
s’arrête doucement sur la colline en mousse
près d’une tourterelle aux pattes roses,
mon âme qui chante auprès de vous se pose.

Comme un lis blanc au jardin du vieux presbytère
se parfume doucement par la douceur des pluies,
par votre douceur, qui est une rosée de taillis,
mon âme triste et douce comme un lis s’est parfumée.

Que la cloche, le lis, les pluies, la tourterelle
vous rappellent désormais un enfant un peu amer
qui passa près de vous en laissant tomber
à vos pieds son âme en roses trémières.

(Francis Jammes)

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J’ai rêvé d’un amour (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



 

Marcel Roux  Marie-MAdeleine   n  r7

J’ai rêvé d’un amour
Etrange ! sans retour !
Qui guérirait mon âme
J’ai rêvé d’un amour
Avec une reine femme !

(Georges Schehadé)

Illustration: Marcel Roux 

 

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Misère (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Misère

Larme, larme importune
qui choit sans bruit, dans la nuit
Comme un rayon de lune
dans la nuit qui fuit.
Le cœur vaste comme un rêve
un rêve d’enfant
Souffrant ailleurs
Vous pleure
Serments, leurres
des heures
d’antan.

Murmures, murmures indistincts
qu’on égrène sans fin
qu’on égrène en vain
sur les longs chemins,
Sur les chemins indistincts.
Les peines,
Les petites peines,
Les grandes peines
les peines lointaines
Reviennent
Ternir
le souvenir

Plainte, plainte douce
sans cesse envolée
Que pousse
l’âme esseulée
Sur l’aile d’un rêve
Elle crève
Comme le sachet
d’un
parfum
secret.

(Birago Diop)


Illustration: Zhaoming Wu

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VERTIGE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Claude Sauzet  (2)

VERTIGE

Oh! soyons intenses !
Abusons des danses!
Abusons des lits
Et des seins polis !

Oh les innocences
Et toutes leurs transes !
Leurs cruels oublis !
Froissons tous ces lys.

Nous aimons le crime
Nous trouvons la rime
Dont on meurt souvent.

Vivons d’oeuvres folles !
Disons des paroles
Qu’emporte le vent.

(Charles Cros)

Illustration: Claude Sauzet

 

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Dyptique (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Dyptique

Le Soleil pendu par un fil
Au fond de la Calebasse teinte à l’indigo
Fait bouillir la Marmite du Jour.
Effrayée à l’approche des Filles du feu
L’Ombre se terre au pied des pieux.
La Savane est claire et crue
Tout est net, formes et couleurs.
Mais dans les Silences angoissants faits des Rumeurs
Des Bruits infimes, ni sourds ni aigus,
Sourd un Mystère lourd,
Un Mystère sourd et sans contours
Qui nous entoure et nous effraie…

Le Pagne sombre troué de clous de feu
Etendu sur la Terre couvre le lit de la Nuit.
Effrayés à l’approche des filles de l’Ombre
Le Chien hurle, le Cheval hennit
L’Homme se terre au fond de la case.
La Savane est sombre,
Tout est noir, formes et couleurs,
Mais dans les Silences angoissants faits des Rumeurs.
Des Bruits infinis ou sourds ou aigus,
Les Sentes broussailleuses du Mystère
lentement s’éclairent
Pour Ceux qui s’en allèrent
Et pour Ceux qui reviennent.

(Birago Diop)


Illustration

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La grosse femme nue (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017


 


 

Fernando Botero [1280x768]

La grosse femme nue
Au-dessus de son fourneau
Goûte la compote.

***

A nude fat woman
Stands over a kitchen stove,
Tasting applesauce.

(Richard Wright)

Illustration: Fernando Botero

 

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Refuge (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Refuge

Reviendra-t-il jamais notre temps du « Vin Triste »
Après ces mornes jours d’un temps triste incertain,
Qui de l’aube à la nuit, hier, aujourd’hui, demain,
Sont tissés d’un ennui dont la trame résiste ?

J’ai foulé très longtemps d’impassibles chemins,
Et sur mes pas nouveaux de la cendre persiste
Ternissant nos amours, mes Compagnons de piste,
Maintenant seuls reflets des grands rêves éteints.

Lambeaux effilochés aux branches équarries
Le souvenir gémit aux Vents qui l’ont glacé
Assourdi par l’écho des aigu les taries…

Lorsqu’en vain j’ai pleuré sur notre bref passé,
Tranquille je reprends le long joug des journées
Pour mieux rythmer ma rime à grands coups de cognées.

(Birago Diop)

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AU CAFE (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Jean-Claude Forez  _La_biere

AU CAFE

Le rêve est de ne pas diner,
Mais boire, causer, badiner
Quand la nuit tombe ;
Epuisant les apéritifs,
On rit des cyprès et des ifs
Ombrant la tombe.

Et chacun a toujours raison
De tout, tandis qu’il la maison
La soupe fume,
On oublie, en mots triomphants,
Le rire nouveau des enfants
Qui nous parfume.

On traverse, vague semis,
Les amis et les ennemis
Que l’on évite.
Il vaudrait mieux jouer aux dés,
Car les mots sont des procédés
Dont on meurt vite.

Ces gens du café, qui sont-ils ?
J’ai dans les quarts d’heure subtils
Trouvé des choses
Que jamais ils ne comprendront,
Et, dédaigneux, j’orne mon front
Avec des roses.

(Charles Cros)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Gare (Umberto Fiori)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Dans la salle d’attente
à un moment précis,
le bruit sourd des conversations
s’est arrêté, d’un coup,
C’est alors que tous,
à notre place,
nous avons levé les yeux et que,
pour un instant,
nous nous sommes vus.

(Umberto Fiori)

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Quand l’homme n’est pas là (M.Fabien)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2017



Quand l’homme n’est pas là la bîche sort du bois
L’hiver ou le printemps sans se soucier du temps
Car l’homme lui fait peur, elle a vue la couleur
Que prend l’eau du torrent quand on tue son enfant
Combien lui faudra-t-il d’années pour l’apprivoiser

Quand l’homme n’est pas là moi je sors de chez moi
Sur la pointe du cœur j’entends battre les heures
Mais au bout du chemin je reviens sur mes pas
Ma vie comme un jardin refleurit avec toi
Et je sais bien que tu es né pour m’apprivoiser

(M.Fabien)

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