Arbrealettres

Poésie

Archive for 29 mars 2017

Attends le cri (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017


 


Attends le cri
Que de l’espace

Va tirer l’hirondelle.

(Guillevic)

 

 

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Un rameau desséché (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017


feu_de_foret

Un rameau desséché
Qui craque
De soleil
Et dont le craquement
Epargnera peut-être
A la plaine le feu.

(Guillevic)

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Ma fille et la mer (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Ma fille et la mer

Ma fille, la mer,
Tu l’as deviné,
N’est pas un cadeau
Que l’on peut te faire.

Ma fille, la vague
Est un autre monde
Où le pied s’enfonce
Et pas de réponse.

L’horizon, ma fille,
Est un grand seigneur
Qui te recevra
Quand tu l’ouvriras.

Ma fille, la ronce,
Tu l’as vu déjà,
Ne fait amitié
Qui ne soit de hargne.

Ma fille, la danse,
Que puis-je t’apprendre,
Elle est dans tes yeux
Plus fort que la mer,
Et tu la suivras.

Et l’espoir, ma fille,
Plus fort que la ronce,
La vague et la danse.

(Guillevic)


Illustration

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Le chêne en se réveillant (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Le chêne
En se réveillant

Vit que le druide
Etait passé
Depuis longtemps:

Vers l’horizon
Le pommier pleurait.

(Guillevic)


Illustration: Gustav klimt

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Oui, je note, chardon, je t’ai vu (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Oui, je note, chardon,
Je t’ai vu.

Je dois me souvenir
De l’heure, du chemin,
Du ciel, de la forêt,

Du centre que tu fus.

Il n’y avait rien d’autre
A faire.

(Guillevic)

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Un total silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Il y a ce matin
Sur le paysage
Un total silence
Egalant un appel –

Et tu voudrais
Le transmuer en chant.

(Guillevic)

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Avec des mots (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Avec des mots,
Où l’on a réussi
A faire un peu de vide,

Capter cette rumeur
Qu’il y a dans le vide.

(Guillevic)

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Le temps (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017


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Le temps, le temps
A pu faire d’une flamme
Une pierre qui dort debout

(Guillevic)

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L’isolement (Pe-Lo-Yé)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



L’isolement

C’est en isolant son corps du monde
qu’on se prépare à en isoler son esprit.
Je vais seul.
Je m’enivre de la contemplation du ciel bleu,
de la lune brillante et des étoiles sans nombre.

Mes oreilles se sont fermées.
J’ai perdu la notion de la distance et du temps.

J’ai oublié que je portais dans ma manche
plusieurs onces d’or,
et je les ai laissées tomber sur le chemin.

Voyant que j’étais devenu indifférent
à la possession de l’or jaune,
des courtisanes sont accourues
et ont déployé autour de moi leurs séductions ;
Mais mon esprit avait franchi
les pics neigeux et les nuages froids ;
il était déjà perdu dans les régions élevées.

Voyant que je demeurais immobile,
des insectes cruels ont attaqué ma peau
et déchiré ma chair ;
Mais mon esprit était si loin
que mon corps était devenu insensible
à la douleur comme à la volupté.

Que n’ai-je atteint à la perfection
et à la pureté des sages !
mon esprit se serait détaché de mon corps
comme la flamme se détache du flambeau
quand le vent l’emporte ;
Et, laissant ce corps inerte,
il ne serait plus revenu.

(Pe-Lo-Yé)

 

 

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Souvenir de l’Antiquité (Tsien-Ki)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Souvenir de l’Antiquité

La Voie lactée brille dans un ciel d’automne,
et le grésil voltige en parcelles de jade ;
Le vent du nord emporte les parfums du nénuphar.

Une jeune femme concentre ses pensées.
Elle dévide de la soie,
aux lueurs affaiblies de sa lampe solitaire ;
Elle essuie des larmes ;
elle trouve bien longues et bien froides
les heures de veillées que marque sa clepsydre.

Les nuages purs, qui courent sur l’azur céleste,
passent seuls devant sa demeure.
La lune est le seul hôte du pavillon,
où l’on n’entend que le croassement des corbeaux
et le cri des oies sauvages.

Quelle est-elle donc cette jeune femme
qui brode sur son métier l’oiseau youèn ?
Qui s’abrite à grand’peine dans ses rideaux de soie,
derrière son paravent incrusté de nacre,
Et qui, de sa chaste fenêtre,
regarde tristement tomber les feuilles ?

Quelle est-elle cette jeune femme
qu’il faut plaindre,
qui souffre,
et que personne ne soutient
dans son isolement ?

(Tsien-Ki)

Illustration: Suzuki Harunobu

 

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