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Poésie

Archive for 2 avril 2017

FLEUR DE L’ALCHIMIE (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



FLEUR DE L’ALCHIMIE

Que je voyage dans le paradis des cendres
Parmi ses arbres secrets
Dans les cendres fleurissent les bagues,
le diamant, la toison d’or.

Que je voyage dans la faim, les roses, la moisson
Que je voyage, que je me repose
Sous l’arc des lèvres orphelines,

Les lèvres orphelines, dans leur ombre blessée
Vit, antique, la fleur de l’alchimie.

(Adonis)

 

 

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SIGNE (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



SIGNE

J’unis feu et frimas —
Ne reconnaîtront mes forêts
ni les feux ni les glaces

Mystérieux et familier
je demeurerai

J’habite fleurs et pierres
Je m’absente
Je quête
Je vois
Je bondis :

Lumière
au coeur
de l’enchantement
et du signe.

(Adonis)

 

 

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Son amour court dans les plumes du vent (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Son amour court dans les plumes du vent
Il vole là où il n’y a point de limites
En direction du ciel du ciel du ciel

Je suis arrivé
J’ai vu la montagne mer et la mer arbres enchantés :
Ton corps est une ville
Il a engendré des flots et des flots de disciples
dans les cavernes du cou

Et sous l’arc des cils,
La bonne nouvelle de mon arrivée a volé
Chaque membre est devenu fenêtre
Chaque pulsion l’amoureuse,

Ont disparu fenêtres et portes,
Salons, jardins et cours se sont illuminés.

(Adonis)

 

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Il me reste à te donner un nom (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



[…]

Il me reste à te donner un nom
à te donner vie
il me reste surtout à te rencontrer
comme les mains émerveillées de l’aveugle
trouvent la présence du soleil
sur un pan de mur.

(André Hardellet)

 

 

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Seul ce qui brûle (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Seul ce qui brûle

Je ne sais, cher et vénéré ami,
si vous avez eu le terrifiant privilège
de connaître la passion d’amour.
C’est le plus vertigineux des abîmes
dans lequel il est possible à l’homme de descendre.

Un abîme de flammes et de souffrances aiguës.
Mais si quelqu’un se mêlait de vouloir sauver
celui qui y est tombé,
vous l’entendriez hurler comme si on lui arrachait la peau.
La seule délivrance est d’y être consumé sans résidus !

(Christiane Singer)

 

 

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AU THÉÂTRE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



AU THÉÂTRE

Nous n’étions pas au fond d’une baignoire obscure.
Mais en pleine avant-scène.. Oh! j’ai mal conservé
Dans ma mémoire si l’on jouait de l’Hervé
Ou du Donizelti : je n’en avais pas cure.

Nous nous tenions la main. Je sentais la piqûre
Du désir s’enfoncer dans mon cœur énervé;
Et le désir croissait, de se voir observé.
Oh! l’âpre volupté que le danger procurât

Nous aurions pu si bien nous embrasser chez nous,
Où j’aurais mis ton corps tout nu sur mes genoux
Pour te porter au lit comme un enfant qu’on couche.

Mais ici, c’était fou! Tous ces yeux à l’entour !
Soudain je fis claquer mon baiser sur ta bouche,
Et ce baiser valait toute une nuit d’amour.

(Jean Richepin)

Illustration: Eva Gonzalès

 

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Son corps est d’un blanc monotone (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



 

Son corps est d’un blanc monotone
Comme la neige sur les champs ;
Mais sa toison semble un automne
Doré par les soleils couchants.

Ses seins droits ont la pointe aiguë
Ainsi que la ronce des murs
Et sont froids comme la ciguë
Pleine de poisons doux et sûrs.

Dire l’odeur de sa peau fraîche,
Aucun parfum ne le saurait,
Ni le foin séché dans la crèche,
Ni l’haleine d’une forêt,

Ni le thym, ni la marjolaine,
Ni le muguet, ni le cresson
Nourri des pleurs de la fontaine
Et tout baigné de sa chanson,

Ni le repli des coquillages
Qui garde un arôme énervant,
Souvenance d’anciens sillages,
D’algues, de marée et de vent.

(Jean Richepin)

 Illustration: Victor Karlovich Shtemberg

 

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Bien avant d’avoir pu contempler (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



 

Bien avant d’avoir pu contempler à mon gré
Ta statue en chair toute nue,
J’avais vu tout ton corps, quoiqu’il me fût muré.
Et sa beauté m’était connue.

Des corsages jaloux traversant les rideaux,
Mes yeux touchaient ta gorge blanche ;
Et j’avais deviné la chute de ton dos,
Ta croupe, ton ventre, ta hanche,

Ton mollet rond, ta cuisse au contour ferme et plein,
Rien qu’à voir ta cheville preste.
Le bas de jambe est comme un espion malin
Qui trahit les secrets du reste.

Depuis lors je t’ai tenue
Entre mes doigts curieux.
J’ai vu ta chair toute nue
Sous mes yeux.

J’avais bien deviné juste
Tes invisibles trésors,
Tes flancs, tes reins et ton buste.
Tout ton corps.

Il faudrait un dithyrambe
Pour célébrer tes appas.
Car, sang-dieu ! ton bas de jambe
Ne ment pas.

(Jean Richepin)

 Illustration: Charles Amable Lenoir

 

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Tu dors? (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



Tu dors? Ce n’est pas vrai, folle, tu fais semblant.
Tu sais bien que ton corps est plus rose et plus blanc
Quand il se laisse aller à cette nonchalance
Dans le hamac de soie où ma main te balance ;

Tu sais que la langueur tranquille du sommeil
Te rend la peau plus fraîche et le sang plus vermeil,
Et que tes deux tétins, tandis que tu reposes,
Sont deux bouquets de lis et deux boutons de roses ;

Tu sais que des frissons amoureux et troublants
Viennent ensoleiller la neige de tes flancs ;
Tu sais que tous ces fruits dont ta chair me régale,
Je ne puis les flairer sans avoir la fringale ;

Tu sais trop bien cela, friponne, et, doucement.
Sûre de me tenter, tu souris en dormant ;
Car tu sens mon désir dont le regard flamboie
Planer sur ton sommeil comme un oiseau de proie.

(Jean Richepin)

 Illustration: Maurice Barraud

 

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RÉVEIL (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2017



RÉVEIL

Nous avons été des gens sages
Cette nuit, je ne sais pourquoi.
Or, ce matin, je sens en moi
Des éternités de nuages.

Toi-même sur ton front vermeil
Tu gardes des reflets nocturnes,
Et tes yeux sont comme des urnes
Où fume un restant de sommeil.

Nous avons trop dormi, ma chère.
Notre vorace amour se plaint
De n’avoir pas le ventre plein,
Lui qui fait toujours bonne chère.

Allons, mignonne, allons, debout!
Chassez-moi nos pensers funèbres.
J’ai nourri mes yeux de ténèbres,
J’ai fait des rêves de hibou.

Mais en vous voyant fraîche et rose.
J’en fais qui sont couleur de jour.
J’entends la voix de notre amour
Qui pour fleurir veut qu’on l’arrose.

C’étaient nos vœux inapaisés
Qui nous rendaient mélancoliques.
Donnons à nos cœurs faméliques
Un large repas de baisers.

C’est le remède, c’est la vie !
Tu m’enlaces ; moi, je t’étreins ;
Et mangeant le feu de nos reins,
Se tait notre bête assouvie.

Les désespoirs les plus ardents.
Les tristesses les plus farouches,
Quand nous unissons nos deux bouches,
Sont égorgés entre nos dents.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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