Arbrealettres

Poésie

En une seconde ou une seconde et une demi-seconde, il vit plus loin, plus profondément, comprit davantage (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



La floraison du bâton

[40]
Et personne ne saura jamais
si l’image qu’il vit distinctement

comme dans un miroir était prédéterminée
par sa discipline et son étude

des anciennes traditions et par sa capacité innée
à transcrire et à traduire

les difficiles symboles secrets,
personne ne saura jamais comment il se fit

qu’en une seconde ou une seconde et une demi-seconde,
il vit plus loin, plus profondément, comprit davantage

que quiconque avant ou après lui ;
personne ne saura jamais

si c’était une sorte d’illusion d’optique spirituelle,
ou s’il avait vu dans le puits profond, profond,

de la profondeur pré-historique
jusqu’ici inconnue ;

personne ne saurait jamais
si cela pouvait être prouvé mathématiquement

par des lignes démontrées,
comme un angle de lumière

reflété par une mèche de cheveux de femme,
reflété à nouveau ou réfracté

un certain autre angle —
ou peut-être était-il question de vibration

qui égalait ou surprenait une vibration
liée ou exactement contraire

et créait une sorte de vide,
ou plutôt un point dans le temps —

il l’appela tache ou défaut dans une gemme
sur la couronne qu’il avait vue

(ou avait cru voir) comme dans un miroir ;
personne ne saurait exactement

comment c’était arrivé,
certainement pas Kaspar.

***

And no one will ever know
whether the picture he saw clearly

as in a mirror was pre-determined
by his discipline and study

of old lore and by his innate capacity
for transcribing and translating

the difficult secret symbols,
no one will ever know how it happened

that in a second or a second and half a second,
he saw further, saw deeper, apprehended more

than anyone before or after him;
no one will ever know

whether it was a sort of spiritual optical-illusion,
or whether he looked down the deep deep-well

of the so-far unknown
depth of pre-history;

no one would ever know
if it oould be proved mathematically

by demonstrated lines,
as an angle of light

reflected from a strand of a woman’s hair,
reflected again or refracted

a certain other angle—
or perhaps it was a matter of vibration

that matched or caught an allied
or exactly opposite vibration

and created a sort of vacuum,
or rather a point in time—

he called it a fleck or flaw in a gem
of the crown that he saw

(or thought he saw) as in a mirror;
no one would know exactly

how it happened,
least of all Kaspar.

(Hilda Doolittle)

Illustration

 

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