Arbrealettres

Poésie

Archive for 16 avril 2017

Les lampes brûlent dans chaque maison (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



 

 

Les lampes brûlent dans chaque maison,
ô aveugle ! et tu ne peux pas les voir.
Un jour tes yeux, soudain, s’ouvriront,
et tu pourras voir : et tomberont de toi les chaînes de la mort.

Il n’y a rien à dire ni à entendre ;
Il n’y a rien à faire :
c’est celui qui est vivant, quoique mort,
qui jamais plus ne doit mourir.

Et parce qu’il vit solitaire, le Yogi dit
ma demeure est loin d’ici.
Ton Seigneur est proche :
et pourtant pour le découvrir tu grimpes au haut du palmier.
Le prêtre Brahman va de porte en porte
afin d’initier chacun
Hélas ! la fidèle source de vie jaillit près de toi,
et tu exiges une pierre pour l’adorer.

Kabîr dit : Quels mots exprimeraient
la suavité de mon Seigneur. Yoga
et la récitation des rosaires, vertus
et vices — tout cela n’est rien devant Lui.

***

Lamps burn in every house,
O blind one ! and you cannot see them.
One day your eyes shall suddenly be opened,
and you shall see : and the fetters of death will fall from you.

There is nothing to say or to hear, there is nothing to do :
it is he who is living,
yet dead, who shall never die again.

Because he lives in solitude, therefore the Yogi says
that his home is far away.
Your Lord is near :
yet you are climbing the palm-tree to seek Him.
The Brahman priest goes from house to house and initiates people into faith :
Alas! the true fountain of life is beside you,
and you have set up a stone to worship.

Kabîr says : « I may never express how sweet my
Lord is. Yoga and the telling of beads, virtue
and vice — these are naught to Him. »

(Kabîr)
 

 

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Éveille ! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Éveille ! Éveille-toi, mon coeur !
Le suprême Esprit, le grand Maître est proche.

Précipite-toi aux pieds de ton Amant :
car ton Seigneur se tient à ton chevet.

Ton sommeil dure depuis les innombrables âges;
ce matin, dis, ne t’éveilleras-tu pas ?

***

O my heart! the Supreme Spirit, the great Master,
is near you : wake, oh wake!

Run to the feet of your Beloved :
for your Lord stands near to your head.

You have slept for unnumbered ages;
this morning will you not wake ?

(Kabîr)

 

 

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La région du milieu du ciel (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



La région du milieu du ciel, où respire l’esprit, rayonne de musicale lumière;
Parmi l’épanouissement de la pure et blanche musique,
c’est là que mon Seigneur prend ses délices.
Dans le resplendissement prodigieux de chaque cheveu de son corps,
l’éclat de millions de soleils et de lunes est perdu.
Il est une cité sur la rive, où le nectar pleut et ruisselle dans un épanchement sans fin.

Kabîr dit : « Accours, ô Dharmadas ! et contemple le Durbar de mon puissant Seigneur. »

***

The middle region of the sky, wherein the spirit dwelleth, is radiant with the music of light;
There, where the pure and white music blossoms, my Lord takes His delight.
In the wondrous effulgence of each hair of His body,
the brightness of millions of suns and of moons is lost.
On that shore there is a city, where the rain of nectar pours and pours, and never ceases.

Kabîr says : « Come, O Dharmadas ! and see my great Lord’s Durbar. »

(Kabîr)

 

 

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Tout oscille! (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Du conscient et l’inconscient, le pendule de l’esprit balance.
Entre ces deux pôles se tiennent là suspendus, créatures et mondes et jamais le balancement de ce pendule ne s’interrompt.
Là sont des millions d’êtres ; là gravitent le soleil et la lune.
Passent des millions d’âges, et le pendule oscille encore.
Tout oscille! Ciel et terre, air et eau;
et le Seigneur lui-même qui prend forme.
Si Kabîr veut servir, c’est qu’il a vu cela.

***

Between the poles of the conscious and the unconscious, there has the mind made a swing :
Thereon hang all beings and all worlds, and that swing never ceases its sway.
Millions of beings are there : the sun and the moon in their courses are there :
Millions of ages pass, and the swing goes on.
All swing! the sky and the earth and the air and the water; and the Lord Himself taking form :
And the sight of this has made Kabîr a servant.

(Kabîr)

 

 

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L’eau (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Le flux confond la rivière et ses vagues;
entre la rivière et ses vagues qui ferait différence ?
N’est-ce pas l’eau, quand la vague s’élève; et quand elle retombe, n’est-ce pas l’eau encore ?
Qui peut faire ici distinction ?

Et pour prendre le nom de vague,
l’eau cesse-t-elle d’être considérée comme de l’eau ?
Dans le Brahma Suprême les mondes font office de perles.
Considère ce rosaire avec les yeux de la sagesse.

***

The river and its waves are one surf :
where is the difference between the river and its waves ?
When the wave rises, it is the water; and when it falls, it is the same water again.
Tell me, Sir, where is the distinction ?

Because it has been named as wave,
shall it no longer be considered as water ?
Within the Supreme Brahma, the worlds are being told like beads :
Look upon that rosary with the eyes of wisdom.

(Kabîr)

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Ô cygne d’autrefois (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Ô cygne d’autrefois, raconte-moi ton histoire
De quel pays tu viens, cygne ? pour t’envoler vers quel rivage ?
Ô cygne où veux-tu prendre ton repos, que cherches-tu ?
Ce matin même, ô cygne éveille-toi, prends ton essor, suis-moi!
Je connais un pays où le doute ni le chagrin n’ont d’empire; où la terreur
de la mort n’existe plus.
Où les ramures du printemps sont fleuries et où le vent promène un « Il est Moi » embaumé
où l’abeille du coeur est immensément submergée et d’autre joie n’a plus désir.

***

Tell me, O Swan, your ancient tale.
From what land do you come, O Swan ? to what shore will you fly ?
Where would you take your rest, O Swan, and what do you seek ?
Even this morning, O Swan, awake, arise, follow me!
There is a land where no doubt nor sorrow have rule : where the terror of Death is no more.
There the woods of spring are a-bloom, and the fragrant scent « He is Me » is borne on the wind :
There the bee of the heart is deeply immersed, and desires no other joy.

(Kabîr)

Illustration

 

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Celui qui aime (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Jouant jour et nuit j’étais parmi mes camarades;
maintenant ma frayeur est grande.
Si élevé est le palais de mon Seigneur,
devant les escaliers mon coeur défaille :
mais si je veux goûter son amour, il ne faut pas être timide.
Que mon coeur s’attache à mon Amant;
et que je dépouille mon voile;
je dois le rencontrer de tout mon corps.
Que mes yeux accomplissent le rite des lampes de l’amour.

Kabîr parle : Écoute, ami : celui qui aime,
Il le comprend. Mais si tu ne ressens pas,
pour l’Aimé, l’angoisse du désir d’amour,
— à ton corps toute parure est vaine,
vain le fard au bord de tes yeux.

***

I played day and night with my comrades,
and now I am greatly afraid.
So high is my Lord’s palace,
my heart trembles to mount its stairs :
yet I must not be shy, if I would enjoy His love.
My heart must cleave to my Lover;
I must with draw my veil, and meet Him with all my body :
Mine eyes must perform the ceremony of the lamps of love.

Kabîr says : « Listen to me, friend : he understands who loves.
If you feel not love’s longing for your Beloved One,
it is vain to adorn your body,
vain to put unguent on your eyelids. »

(Kabîr)

 

 

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Ce mot secret (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Ce mot secret, oh! comment jamais le puis-je proférer?
Oh ! comment puis-je dire : c’est à ceci et non pas à cela qu’Il ressemble ?
Si je dis qu’Il est au-dedans de moi,
c’est à l’univers que je fais honte
Si je dis qu’Il est hors de moi, cela est faux.
Du monde intérieur et du monde extérieur
Il ne fait qu’un indivisible;
Le conscient et l’inconscient sont ses deux marchepieds
Il n’est non plus manifeste que caché;
Il n’est révélé, ni irrévélé.
Pour exprimer ceci qu’Il est,
je sais qu’il n’existe pas de paroles.

***

O how may I ever express that secret word ?
O how can I say He is not like this, and He is like that?
If I say that He is within me, the universe is ashamed :
If I say that He is without me, it is falsehood.
He makes the inner and the outer worlds to be indivisibly one;
The conscious and the unconscious, both are His footstools.
He is neither manifest nor hidden, he is neither revealed nor unrevealed :
There are no words to tell that which He is.

(Kabîr)

 

 

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A quelle caste appartient un saint (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Il n’est pas besoin de demander à quelle caste appartient un saint.
Car le prêtre, le guerrier, le commerçant, et toutes les trente-six castes,
sont également en quête de Dieu.

Le barbier s’est mis en quête de Dieu,
la lessiveuse, le charpentier
Même Raidas s’était mis en quête.

Le Rishi Swapacha était tanneur d’après sa caste.
Hindus et Moslems tout de même ont achevé
cette fin où ne subsiste plus aucune marque de distinction.

***

It is needless to ask of a saint the caste to which he belongs;
For the priest, the warrior, the tradesman, and all the thirty-six castes,
alike are seeking for God.

It is but folly to ask what the caste of a saint may be;
The barber has sought God, the washerwoman, and the carpenter —
Even Raidas was a seeker after God.

The Rishi Swapacha was a tanner by caste.
Hindus and Moslems alike have achieved that
End, where remains no mark of distinction.

(Kabîr)

 

 

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Où vas-tu me chercher, fidèle ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Où vas-tu me chercher, fidèle ?
Écoute ! Me voici près de toi.

Les temples ni les mosquées ne me contiennent
Je n’habite pas plus Kailash que Kaaba.
Tu ne me trouveras ni dans les cérémonies,
ni dans les rites, ni dans Yoga et ni dans la renonciation.

Si c’est vraiment que tu me cherches, tu me verras soudain :
un instant du temps sera celui de ma rencontre.
Kabîr parle : « Ô Sadhu! Le souffle de tout souffle c’est Dieu. »

***

Ô servant, where dost thou seek Me ?
Lo ! I am beside thee.

I am neither in temple nor in mosque : I am neither in Kaaba nor in Kailash :
Neither am I in rites and ceremonies, nor in Yoga and renunciation.

If thou art a true seeker, thou shalt at once see
Me : thou shalt meet Me in a moment of time.
Kabîr says : « O Sadhu! God is the breath of all breath. »

(Kabîr)

 

 

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