Arbrealettres

Poésie

Les Grandes fontaines (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



Les Grandes fontaines

N’allons pas en ces bois profonds
A cause des grandes fontaines
Qui dorment au fond.

N’éveillons pas les grandes fontaines
Un faux sommeil clôt leurs paupières salées
Aucun rêve n’y invente de floraisons
Sous-marines et blanches et rares.

Les jours alentour
Et les arbres longs et chantants
N’y plongent aucune image.

L’eau de ces bois sombres
Est si pure et si uniquement fluide
Et consacrée en cet écoulement de source
Vocation marine où je me mire.

O larmes à l’intérieur de moi
Au creux de cet espace grave
Où veillent les droits piliers
De ma patience ancienne
Pour vous garder
Solitude éternelle solitude de l’eau.

(Anne Hébert)

Illustration: Jean-Guy Vienneau

 

 

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