Arbrealettres

Poésie

Comme sur le bord d’un nuage je me rappelle tes paroles (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

1

Comme sur le bord d’un nuage
Je me rappelle tes paroles.

Mais à cause de mes paroles
Tes nuits sont claires plus que tes jours;

Donc, repoussés loin de la terre,
Nous allions haut comme des astres.

Pas de désespoir, pas de honte,
Ni maintenant, ni plus tard, ni alors.

Mais vivant les yeux grands ouverts
Tu entends comme je t’appelle.

2

Les sons se perdent dans l’éther,
L’aube se déguise en ténèbres.
Dans un monde à jamais muet,
Rien que deux voix : ta voix, ma voix.
Au vent d’invisibles Ladoga,
À travers un bruit comme un carillon,
L’entretien de la nuit s’est transformé
En l’éclat léger d’arcs-en-ciel croisés.

3

J’ai toujours détesté
Qu’on ait pitié de moi.
Mais de ta pitié
Chaque goutte m’accompagne
Comme du soleil dans le corps.
Voilà pourquoi c’est partout l’aube.
Je vais, je fais des miracles.
Voilà pourquoi!

(Anna Akhmatova)

Illustration: Edvard Munch

 

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2 Réponses to “Comme sur le bord d’un nuage je me rappelle tes paroles (Anna Akhmatova)”

  1. Lara said

    Vivre les yeux grands ouverts ! …

  2. arbrealettres said

    oui mais bon, il faut les fermer aussi de temps en temps! lol!… ne serait-ce que pour … rêver 😉

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