Arbrealettres

Poésie

Satisfaite, insatisfaite, rassasiée ou figée par la faim (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



La floraison du bâton

[5]
Satisfaite, insatisfaite,
rassasiée ou figée par la faim,

c’est
là l’éternel désir,

c’est
là le désespoir, le désir d’équilibrer

la variante éternelle ;
tu comprends cet appel insistant,

cette demande d’un moment donné,
la volonté de jouir, volonté de vivre,

pas seulement la volonté d’endurer,
la volonté du vol, la volonté de réussite,

la volonté du repos après un long vol ;
mais qui connaît le désir désespéré

des tous ces autres — oiseaux réels ou peut-être
maintenant mythiques — cherchant le repos sans le trouver

jusqu’à se laisser choir du plus haut point de la spirale
ou tomber du centre précis du cercle toujours plus étroit ?

car ils se rappellent, se rappellent, en tanguant, en planant
ce qui avait été — ils se rappellent, se rappellent

ils ne dévient pas — ils ont connu la félicité,
le fruit qui satisfait — ils sont revenus —

et si les îles sont perdues ? et si les eaux
couvrent les Hespérides ? ils préféreraient se rappeler —

se rappeler les pommiers d’or ;
ô, ne les plains pas, en les voyant choir l’un après l’autre,

car ils tombent épuisés, engourdis, aveugles
mais avec une extase certaine,

car la faim pour le Paradis
est à eux.

***

Satisfied, unsatisfied,
satiated or numb with hunger,

this is the eternal urge,
this is the despair, the desire to equilibrate

the eternal variant;
you understand that insistent calling,

that demand of a given moment,
the will to enjoy, the will to live,

not merely the will to endure,
the will to flight, the will to achievement,

the will to rest after long flight;
but who knows the desperate urge

of those others—actual or perhaps now
mythical birds—who seek but find no rest

till they drop from the highest point of the spiral
or fall from the innermost centre of the ever narrowing circle?

for they remember, they remember, as they sway and hover,
what once was—they remember, they remember—

they will not swerve—they have known bliss,
the fruit that satisfies—they have come back—

what if the islands are lost? what if the waters
cover the Hesperides? they would rather remember—

remember the golden apple-trees;
O, do not pity them, as you watch them drop one by one,

for they fall exhausted, numb, blind
but in certain eostasy,

for theirs is the hunger
for Paradise.

(Hilda Doolittle)

 

 

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