Arbrealettres

Poésie

Personne (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



Illustration
    
Personne à l’entrée de novembre.
Elle vient comme si de rien n’était.
La porte était ouverte,
elle est entrée presque sans toucher le sol.

Elle n’a pas regardé le pain, ni goûté le vin.
Elle n’a pas défait le noeud aveugle du froid.
Elle ne s’est attardée que dans la lumière des violettes
en souriant à l’enfant de la maison.

Cette bouche, ce regard. Cette main
de personne. Elle s’en va,
elle a sa musique, sa rigueur, son secret.
Avant cependant, elle caresse la terre.

Comme si c’était sa mère.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

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