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Poésie

Archive for 13 mai 2017

Il est des mains (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



il est des mains
si mangées par l’ombre
qu’elles ont oublié la prière des étoiles
il est des pierres
habitées par une rumeur d’herbe
qui attendent la pluie
il est un poème
plus vaste que la Nuit du Destin

(Rabah Belamri)

Illustration

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Ta bouche (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



Ta bouche
où mon feu tombe
goutte à goutte
lézarde la nuit
me réinvente
incandescence du jour

(Rabah Belamri)

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ENVOL (Alain Jean Macé)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

ENVOL

D’un coup de fusil
L’automne s’étonne
La chasse est ouverte
Vivement qu’on meure
Se disent les feuilles
Tout bas à l’oreille

Vivement la mort
Pour partir enfin
Comme il est conté
Voyager au loin
Mille et une nuits
En tapis volant

Seulement voilà
Il leur manque encore
Facteur essentiel
Quelque vent complice
Pour leur apporter
La feuille de route

(Alain Jean Macé)

Editions: Traction-Brabant

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SECRET DU POETE (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    
SECRET DU POETE

Je n’ai pour amie que la nuit.

Avec elle, toujours je pourrai parcourir
De moment en moment des heures, non pas vides,
Mais un temps que je mesure avec mon cœur
Comme il me plaît, sans jamais m’en distraire.

Ainsi lorsque je sens,
Encore s’arrachant à l’ombre,
L’espérance immuable
A nouveau débusquer en moi le feu
Et le rendre en silence
A tes gestes de terre
Aimés au point de paraître, lumière,
Immortels.

(Giuseppe Ungaretti)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

Editions: Traction-Brabant

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J’te veux (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



 


Illustration
    
J’te veux

Quand on s’est connu dans la vie
C’était un jour d’ printemps
Elle était jolie, oh, jolie !
Une frimousse, un p’tit corps épatant
On s’est vu, on s’est plu tout d’ suite
Veux-tu monter chez moi ?
Et hop ! Dans le dodo bien vite
En chantant tous les deux à mi-voix

J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
De s’ vouloir comme ça !
Allons-y tant qu’y aura
De quoi faire marcher la p’tite musique
J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Ohé, les copains
Ah ! là, c’ qu’on est heureux
Car les nuits se suivent à la queue leu leu

Blottis près du ciel au septième,
Jouons le joli jeu
C’est si bon d’être deux quand on s’aime
C’est si bon d’ s’aimer quand on est deux
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire
De nos premiers émois
L’ plus grand plaisir qu’ tu puisses me faire
Tu l’ sais bien, mon gosse chéri, c’est toi

J’ te veux, tu m’ veux,
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Le plus beau cadeau
C’est toi dans le dodo
C’est l’amour et sa tendre musique
J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Ohé, les copains
Ah ! là, c’ qu’on est heureux
Car les nuits se suivent à la queue leu leu

La gloire, les honneurs, les richesses,
Tout ça n’ vaut pas l’amour
Les nuits de caresses et d’ivresse
Qui font oublier les mauvais jours
Par-dessus la ville affairée
Tout là-haut, sous les toits,
Joyeux contre vents et marées
Beaux amants, chantez à pleine voix

J’ te veux, tu m’ veux,
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Et puis, nous aurons
Des enfants qui feront
A leur tour marcher la p’tite musique
L’amour toujours
Chantera sa chanson frénétique
Tant que sur la Terre, au fond des lits moelleux,
Les nuits se suivront à la queue leu leu

(Jean Villard–Gilles)

 

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Faut bien qu’on vive (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



Illustration: Amazon

    
Faut bien qu’on vive

Sous prétexte qu’on est du milieu
Y a des gens qui nous font la gueule
Y a des pouilles qui font les bégueules
Quand on les regarde au fond des yeux
Elles sont là comme des saintes-nitouches
A crâner, à faire les fines bouches
Et s’ tirent quand elles voient qu’on arrive
Mais, nom de Dieu, faut bien qu’on vive
Faut bien qu’on vive !

On pourrait, sans avoir un rond
Comme ça s’ fait quéqu’ fois dans l’ grand monde,
Chercher une poule pas très gironde
Mais avec pas mal de pognon
On serait des fiancés honnêtes
On prendrait tout de même la galette
Nous, l’on aime mieux un peu de dérive
Et alors, quoi ? Faut bien qu’on vive
Faut bien qu’on vive !

Y a des moyens qu’on connaît pas
Par exemple, y en a qui turbinent
On dit qu’ils ont la bonne combine
Mais ça, c’est des trucs qui durent pas
Quand le patron, pour vous mettre à l’aise,
Se débine avec toute la braise
Faut y penser car ça arrive
Nous, on prévoit, faut bien qu’on vive
Faut bien qu’on vive !

On prend du pognon sur l’amour
Le plaisir fait marcher notre négoce
Et les gonzesses qui font la noce
Si elles rigolent pas tous les jours
Elles ont au moins un avantage
On leur fait changer de paysage
Un client va, un autre arrive
Et puis, tout de même, faut bien qu’on vive
Faut bien qu’on vive !

Si on passe notre vie au café
Si, aux courses, on taquine la chance
C’est uniquement par bienfaisance
Et par respect pour l’ouvrier
Son boulot, faut pas qu’on y touche
Ça s’rait y arracher l’ pain d’ la bouche
Comme y a pas d’autre alternative
On est barbeaux, faut bien qu’on vive
Faut bien qu’on vive !

(Jean Villard–Gilles)

 

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