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Poésie

Archive for 15 mai 2017

Jamais ne verrai (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017




    

Jamais ne verrai
la beauté d’une femme.
Jamais ne me réchaufferai en son sein.
Jamais ne verrai
Ce que je contemple dans mon sommeil,
Un homme pur de tout or
C’est plutôt le froid de la mort
Séculaire qui s’empare de moi

C’était ça peut-être
Ce que, jeune, je savais que je devrais attendre
Toujours et toujours
Et rien?
Je savais que je ne verrai
Jamais ce que j’attendais
Et, blanc de neige,
Mourir ?

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Je voudrais tant que tu sois (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: René Magritte
    
Je voudrais tant que tu sois cet air
Qui m’entoure et me pénètre
Pouvoir te respirer.
Te voir dans la haute lumière
Et passer en toi.

Où sont tes bras, tes mains,
Les blanches terres plus que belles
De tes épaules, tes seins brillants ?
J’ai tellement soif,
Tellement faim.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Anna Maria van Soesbergen et Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Je murmure amour (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Vito Russotto
    

Je murmure amour au plus profond de la fraîcheur,
et l’amour dévale de la maison le long de la dune,
courant qui prend la terre dans ses bras.

Je suis la source et de moi coule l’eau,
voici d’où vient la source, un calme jardin d’hiver,
ici est accroché mon coeur, haut siège de la fontaine.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Alors je t’ai vue (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Yuri Pysar
    
Alors je t’ai vue —
Dans un flot de lumière,
la chambre comme une fleur fermée
soudain éclose s’est mise à briller,
des rubans de lumière volaient tout autour.

J’étais immobile et la tête vide,
tu as regardé et le vent
s’est engouffré dans ma tête,
comme il se lâche l’été
sur un vaste, vaste champ,
dans un vaste pays ouvert —

j’étais alors dans cette chambre
cette chambre rouge ponctuée d’or
dans la chambre rouge,
où elle se tenait alors
avec son corps de verre
si transparent, si léger,
ensemble pour toujours
en moi qui l’ai vue
dans ce jour rouge or blanc clair.

Il ne me reste qu’à frémir
me dissoudre
dans des mots afin qu’il ne reste rien
que sa lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Je suis seul (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017




    
Je suis seul dans la lumière de la lampe,
les choses regardent, indifférentes
autour de moi dans la lumière

Les choses si immobiles autour de moi
à l’écoute du silence,
de ce qu’il veut dire.

Et le passé me remonte aux oreilles
qui toujours notent et toujours écoutent,
les choses perdues.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Vers (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Leslie Adams
    
Vers

Tu vois, je t’aime,
je te trouve si gentille et si légère
tes yeux sont si lumineux
je t’aime, je t’aime.

Et ton nez et ta bouche et tes cheveux
et tes yeux et ton cou avec
ton petit col et ton oreille
avec la mèche devant.

Tu vois j’aimerais tant
être toi, mais ce n’est pas possible
la lumière t’entoure, tu es
ce que tu es.

Oh oui, je t’aime,
je t’aime tellement,
je voulais tant te le dire —
mais je n’arrive pas à le dire.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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LES CONTRADICTIONS DU CORPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Gunther von Hagens

    

LES CONTRADICTIONS DU CORPS

Mon corps n’est pas mon corps, il est
d’un autre être l’illusion.
Il connaît l’art de me cacher
et il est tellement sagace
que moi-même il m’occulte à moi.

Mon corps, mais non pas mon agent,
mon enveloppe cachetée,
mon pistolet pour faire peur,
il est devenu mon geôlier,
il me sait mieux que je ne me sais.

Mon corps éteint le souvenir
qu’il me restait de mon esprit.
Il m’inocule son pathos,
m’attaque, me blesse et condamne
pour des crimes que n’ai commis.

Sa ruse la plus diabolique
consiste à se rendre malade.
Il me jette le poids des maux
qu’à chaque moment il ourdit
et il me passe en révulsion.

Mon corps inventa la douleur
afin de la rendre intérieure,
de l’incorporer à mon ld,
pour qu’elle offusquât la lumière
qui essayait de s’y répandre.

D’autres fois il se divertit
sans que je le sache ou le veuille,
et dans cette maligne joie,
dont sont imprégnées ses cellules,
il se moque de mon mutisme.

Mon corps ordonne que je sorte
quérir ce que je ne veux pas,
et il me nie, en s’affirmant
seigneur et maître de mon Moi
en chien servile transformé.

Mon plaisir le plus raffiné,
ce n’est moi qui vais le goûter.
C’est lui, à ma place, rapace,
et il tend des restes déjà
mâchés à ma faim absolue.

Si j’essaie de m’en éloigner
de m’abstraire, de l’ignorer,
il me revient avec le poids
entier de sa chair polluée,
son dégoût et son inconfort.

Avec mon corps il me faut rompre,
je veux l’affronter, l’accuser,
afin d’abolir mon essence,
mais il ne m’entend même pas
et s’en va par chemin contraire.

Déjà oppressé par son pouls
à l’inébranlable rigueur,
plus ne suis celui que j’étais:
dans une volupté voulue,
je sors danser avec mon corps.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Ici (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    

Ici, la mort de chaque cigale
est une infime apocalypse.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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L’hiver, tueur d’oiseaux (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



Illustration: Mathieu Triolet

    

« L’hiver, tueur d’oiseaux », disait Eschyle.
Qui écrira jamais
le mirologue des mésanges?

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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Sur la crête noire (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    

Sur la crête noire de Psara,
Une mouette immaculée
couve des rêves héroïques.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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