Arbrealettres

Poésie

Archive for 18 mai 2017

Quand l’oiseau ulula en passant (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



 

chouette

Je ne fus pas séduite
Je ne fus pas instruite
Ni invitée à pénétrer le sens du hiératique
mais quand l’oiseau ulula en passant
ce soir-là
il me sembla que je savais l’écriture

comme si Dieu avait fait l’image
et l’harmonisait
avec un hiéroglyphe vivant

(Hilda Doolittle)

 

 

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La chouette (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



La chouette
N’est donc pas venue
Cogner à tes carreaux.

Jusqu’à présent.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Le hibou (Gil Jouanard)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



Le hibou rêve à midi

(Gil Jouanard)

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , | 6 Comments »

Le hibou (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



Le hibou

Caillou, genou, chou, pou, joujou, bijou,
Répétait sans fin le petit hibou.

Joujou, bijou, pou, chou, caillou, genou
Non, se disait-il, non, ce n’est pas tout.

Il y en a sept pourtant, sept en tout :
Bijou, caillou, pou, genou, chou, joujou.

Ce n’est ni bambou, ni clou, ni filou
Quel est donc le septième ? Et le hibou,

La patte appuyée au creux de sa joue,
Se cachait de honte à l’ombre du houx.

Et il se désolait, si fatigué
Par tous ses* devoirs de jeune écolier

Qu’il oubliait, en regardant le ciel
Entre les branches épaisses du houx

Que son nom, oui, son propre nom, hibou,
Prenait, lui aussi, un X au pluriel.

(Maurice Carême)

Illustration

 

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

LE HIBOU (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



 

LE HIBOU

Le hibou n’est qu’une horloge à plumes, avec deux
cadrans à secondes et une seule aiguille, la petite.
Il marque toujours six heures.
Il se moque, je le sais. Pourtant il est minuit moins le quart
et demain, peut-être, on aura crevé le soleil.

(Pierre Della Faille)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le hibou (Guillaume Apollinaire)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



Mon pauvre coeur est un hibou
Qu’on cloue, qu’on décloue, qu’on recloue.
De sang, d’ardeur, il est à bout.
Tous ceux qui m’aiment, je les loue.

(Guillaume Apollinaire)


Illustration

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Le langage (Gerrit Kouwenaar)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

Le langage

Le langage appartient aux oiseaux
je suis trop homme pour voler
je suis là comme une maison construite
sur le monde et de terre épaisse

je suis à peu près celui
qu’abrite l’intérieur des murs
et coule derrière les fenêtres
de l’arrière chambre bleue

ça sent l’engrais et l’amour
il y a une plante dans une cage
le langage appartient aux oiseaux
l’homme s’abrite dans les mots

(Gerrit Kouwenaar)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est (Gerrit Kouwenaar)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017




Illustration: René Magritte

    
c’est

ce n’est pas beau
ce n’est pas illisible
ce n’est pas pour les enfants

ce n’est pas une langue secrète
ce n’est pas pour élever le peuple

c’est le côté intérieur
de ta porte extérieure, ça tu le sais
pourtant: ta main
se déforme sur le loquet

sur le paillasson sous ton pied
le quotidien, l’hebdomadaire, le mensuel,
le rapport annuel

ça neige dans la chaleur
ça meurt dans la paix, la lettre
a tout mangé, rien
n’est pas vrai, rien n’est passé, rien
n’est digéré

(Gerrit Kouwenaar)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La tapisserie intérieure (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



    

La tapisserie intérieure

quand j’habitais chez les fourmis
en Suisse
on m’a dit un jour que la sagesse
était comme l’eau de la montagne,
gazouillant du haut du ciel
mais je n’ai pas écouté

plus tard j’ai attendu
devant le trou du rocher
mais les heures n’ont pas
fondu le cristal bleu

enfin une longue pluie
a recouvert
mes pas.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sur quelques heures (Hans Lodeizen)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017



     

Sur quelques heures

pour faire
un peu de musique
j’ai tant fait
fait et oublié —

pour nourrir mes
désirs j’ai
bâti tant de villes
bâti et démoli —

pour brûler mes jours
au feu du désespoir
j’ai été
malade

il y a un goût
d’automne dans les arbres
disent les vieux
poètes

il flotte une couleur
de faim au-dessus
des maisons se plaignent
les dames

j’habite dans un jeu de construction
soupçonnant comme un enfant
des doigts partout
du noir et des baisers.

(Hans Lodeizen)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Saskia Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »