Arbrealettres

Poésie

LES ROMANCES IMPOSSIBLES (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



    
LES ROMANCES IMPOSSIBLES

Au jardin de la vieille place,
le groupe, tel un éventail,
me rappelait, de par sa grâce,
les jeunes filles de Balbec.

En enlever une serait
mon souhait le plus véhément,
s’il n’y avait, dans le soir frais,
présente, la voix du bon sens.

La prière, le cinéma…
La nuit se tapisse déjà
de lumières, de-ci, de-là,
sous le fouet du vent; mais les croix,

tout au sommet du cimetière,
comme elles vieillissent la rue
où peut-être bien l’adultère
avec précaution s’insinue…

C’est ainsi que passent les jours,
les années, l’éternité. Et
les filles, vieilles à leur tour,
dans cette petite cité.

Un halo, visage, mystère
à la porte des maisons hèle,
léger. Quel désir humain erre
en faisant palpiter ses ailes?

Nulle réponse. Le silence
est retombé, carré, complet.
L’ennui, qui arrive, défait
de l’envie l’aimante décence.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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