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Poésie

Archive for 29 mai 2017

1491 : 1991 (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



Illustration: Albrecht Dürer

    

1491 : 1991

Albert Dürer dessine un homme
appuyant le visage sur sa main droite.
Les yeux de cette créature faite d’encre
regardent celui qui les regarde,
questionnant, peut-être, ce qui le questionne.
Cette main, ce visage, sont son autoportrait.

Cinq cents ans plus tard, un homme
observe ce dessin et cherche dans ces lignes
les traits de son propre visage.
Avec quelques paroles, il trace
un autoportrait impersonnel. Il n’en sait
pas plus sur lui-même que sur Dürer.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Une sorte de repos (Hector de Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



 

Une sorte de repos

Une sorte de repos
à regarder un ciel passant

Tout ce qui pèse fut relégué
Le désespoir pas de bruit dort sous la pluie

La Poésie est une Déesse
dont nous avons entendu parler

Son corps trop pur pour notre coeur
Dort tout dressé
Par bonheur c’est de l’autre côté

Nous n’entreprendrons pas maintenant
De lui voler des bijoux
qu’elle n’a pas étant nue.

(Hector de Saint-Denys Garneau)

Illustration: Otto Theodore Gustav Lingner

 

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Chanson à boire (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



Pieter_Bruegel_

 

Tant d’efforts, tant d’efforts
pour un jour être mort…
Le désespoir s’arrose,
bois du vin, bois du vin
à la santé des roses
car tout le reste est vain.

(Henri-Frédéric Blanc)

Illustration: Pierre Bruegel

 

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Le coeur (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017


oiseaux-coeur

 

Tout ce qui revient dans la beauté:
la montagne, l’air et la clôture,
le cri du coq et cette blessure
infime de ne pas être là
mais à côté, juste. Et c’est alors
que tu passes et que tout se rassemble.
Le bleu du désespoir, le silence
font une boule où plus rien ne bouge.
Sauf peut-être, quelque part, le coeur.

(Jacques Ancet)

 

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