Arbrealettres

Poésie

BLUES DE LA PORTE DE CUISINE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



Illustration
   

BLUES DE LA PORTE DE CUISINE

La vieille lady est morte d’un banal coup de froid.
Elle fumait des cigares à quatre-vingt-dix ans.
L’était mince comme feuille, des os de cerf-volant :
Par la porte d’la cuisine s’est envolée un soir.

Bon je suis pas plus jeune qu’était ma vieille lady,
Quand elle a perdu pied, j’ai fumé des cigares.
Me sens en bout de course et j’ai l’air d’un pauv’ gars,
Alors pour l’amour de Dieu, ferme la porte d’la cuisine !

***

KITCHEN DOOR BLUES

My old lady died of a common cold.
She smoked cigars and was ninety years old.
She was thin as paper with the ribs of a kite,
And she flew out the kitchen door one night.

Now I’m no younger ‘n the old lady was,
When she lost gravitation, and I smoke cigars.
I feel sort of peaked, an’I look kinda pore,
So for God’s sake, lock that kitchen door!

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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