Arbrealettres

Poésie

LE BOIS DES OMBRES (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

LE BOIS DES OMBRES

J’ai une fois vu un jeune arbre vert
dont la présence brisait l’obscurité.
Il avait pour nom la tendresse,
au Bois des Ombres il poussait

Ses feuilles étaient de petites mains
qui dispersaient un or impondérable
et jamais l’or ne resplendissait moi
il m’aurait retenu si j’avais su attendre.

Il est quelque part nimbé de lumière
mais j’ai oublié où il se tenait
et une fois abandonné, jamais la Seconde
le trouvera-t-on au Bois des Ombres.

Par tendresse je déposerais l’arme
qui tient la mort à l’écart,
mais les petits mots de tendresse
sont difficiles à dire pour l’homme d’ombre.

***

SHADOW WOOD

I once looked on a young green tree
that shattered darkness where it stood.
The name of it was tenderness
and where it grew was Shadow Wood.

The leaves of it were little hands
that scattered gold that had no weight,
and never dimmed to lesser gold:
it would have held me could I wait

Somewhere it stays in grace of light
but I’ve forgotten where it stood,
and once abandoned, never twice
can it be found in Shadow Wood.

For tenderness I would lay down
the weapon that holds death away,
but little words of tenderness
are hard for shadow man to say.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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