Arbrealettres

Poésie

Archive for 8 juin 2017

Le Secret (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017


 

Où gis-tu secret du monde
à l’odeur si puissante?
Parfois un ouvrier doux
dans la ville fiévreuse
tombe d’un échafaudage
et le vent sent toujours le lilas;
un malheur tenace
habite les corps les plus beaux
les mains dans le soir se serrent
un animal s’endort
dans une loge qu’ouvragèrent les hommes
la paix toujours se corrompt
et la guerre
n’a plus d’âge.

(Jean Follain)

Illustration

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Étranges fleurs (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017


lilasdujardin

L’automne met dans les lilas
D’étranges fleurs que nul ne voit,

Des fleurs aux tons si transparents
Qu’il faut avoir gardé longtemps

Son âme de petit enfant
Pour les voir le long des sentiers

Et pour pouvoir les assembler
En un seul bouquet de clarté

Comme font, à l’aube, les anges
Les mains pleines d’étoiles blanches…

(Maurice Carême)

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CE SOIR (Claudine Chonez)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017




CE SOIR

Un lilas mauve brûle sans feu
tout au fond du verger.
Les pommiers ronds tournent à l’horizon
ce poisson ouïes serrées file droit vers l’éther
les astres nagent
sur le lait courbe et les cloques blondes.
L’univers est si plein qu’un insecte de plus
le ferait chavirer.
Les bras écrasés d’étoiles je reste
devant la groseille rouge semblable aux lunes d’hiver
cependant que Dieu comme un taon
zigzague autour du monde.

(Claudine Chonez)

 

 

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Ô Choses (Saint-Pol Roux)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Alexander Anufriev 56 

Ô Choses : corolles closes sur les essences,
Ô Choses : branches drapées sur les festins,
Ô Choses : agrafes de cils sur les lumières,
Ô Choses : murailles dressées devant les vestales d’harmonie,
Ô Choses : toiles baissées devant les gestes nus,
Ô Choses : pierres tumulaires des fantômes d’éternité,
Ô Choses : éphémères palais des héros immanents,
Ô Choses : étables hospitalières aux caravanes de mystère

pardonnez au poète qui parmi vous passa ravi, ô Choses,
et recevez l’encens, la myrrhe et l’or de sa reconnaissance !

(Saint-Pol Roux)

Illustration: Alexander Anufriev

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Dernier voeu (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



Dernier voeu

Voilà longtemps que je vous aime
– L’aveu remonte à dix-huit ans ! –
Vous êtes rose, je suis blême;
J’ai les hivers, vous les printemps.
Des lilas blancs de cimetière
Près de mes tempes ont fleuri;
J’aurai bientôt la touffe entière
Pour ombrager mon front flétri.
Mon soleil pâli qui décline
Va disparaître à l’horizon,
Et sur la funèbre colline
Je vois ma dernière maison.
Oh ! que de votre lèvre il tombe
Sur ma lèvre un tardif baiser,
Pour que je puisse dans ma tombe,
Le cœur tranquille, reposer !

(Théophile Gautier)

Illustration: Edmond François Aman-Jean

 

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Par une pratique persévérante (Dalaï-Lama XIVème)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Sylvie Lemelin_La fragrance du lilasWEB

Par une pratique persévérante,
la conscience peut être finalement perçue
ou ressentie comme une entité
de luminosité
et de connaissance pures,
à qui tout
peut apparaître.

(Dalaï-Lama XIVème)

Illustration: Sylvie Lemelin

 

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On a démoli la petite école (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



On a démoli la petite école
Qui semblait immense à mes yeux d’enfants.
Il n’en reste rien : le présent nous vole
Les billes perdues de nos jeux d’antan.
Le préau de bois, la maîtresse blonde,
Les lilas légers qui parfumaient tant,
Tout a disparu, ainsi va le monde,
Et l’institutrice a les cheveux blancs.
Si vaste la terre aux côtes bleuies
Par les océans des cartes murales !
Il me semble encore entendre le bruit
De nos voix unies chantant la Morale !
Parfois, quand j’écris une poésie
Je sens les lilas d’alors – idée folle !
Les jours sont passés, l’enfance est finie :
On a démoli la petite école.

(Marc Alyn)

 

 

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Parmi les marronniers (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Florence Blin g

Parmi les marronniers…

Parmi les marronniers, parmi les
Lilas blancs, les lilas violets,
La villa de houblon s’enguirlande,
De houblon et de lierre rampant.
La glycine, des vases bleus pend ;
Des glaïeuls, des tilleuls de Hollande.

Chère main aux longs doigts délicats,
Nous versant l’or du sang des muscats,
Dans la bonne fraîcheur des tonnelles,
Dans la bonne senteur des moissons,
Dans le soir, où languissent les sons
Des violons et des ritournelles.

Aux plaintifs tintements des bassins
Sur les nattes et sur les coussins,
Les paresses en les flots des tresses.
Dans la bonne senteur des lilas
Les soucis adoucis, les coeurs las
Dans la lente langueur des caresses.

(Jean Moréas)

Illustration: Florence Blin

 

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Je veux une vie en forme d’arête sur une assiette bleue (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



Je veux une vie en forme d’arête
Sur une assiette bleue
Je veux une vie en forme de chose
Au fond d’un machin tout seul
Je veux une vie en forme de sable des mains
En forme de pain vert ou de cruche
En forme de savate molle
En forme de faridondaine
De ramoneur ou de lilas
De terre pleine de cailloux
De coiffeur sauvage ou d’édredon fou
Je veux une vie en forme de toi
Et je l’ai, mais ça ne me suffit pas encore
Je ne suis jamais content.

(Boris Vian)

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TU VIENS D’AVOIR VINGT ANS (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Guy Baron_l_adolescente [1280x768]

TU VIENS D’AVOIR VINGT ANS

Quand l’amour a plus d’importance
Que le grondement de la violence
Il n’y a ni couleur ni race
Ni jeuness’ qui ne se lève en masse
La route qui mène chez toi
Passe peut-êtr’ par le combat
Si tu m’appell’s je serai là
Tu peux compter sur moi.

Puisque c’est ton anniversaire
Je veux ce soir lever mon verre
Tu viens juste d’avoir vingt ans
Ton pays tout autant

Nous ferons jaillir l’espérance
Comme la colombe au ciel s’élance
Nos coeurs n’auront aucune peine
A découvrir un jardin sans haine
Et puis le temps redeviendra

C’est le renouveau
On a fatigué les jeunes chevaux
Cueilli le muguet, coupé les lilas
Oublié le froid de la Saint-Nicolas
Longtemps asservi
Le sang des forêts renaît à la vie
Et dans les fourrés, venue s’égarer
Une biche à pas menus fait l’ingénue.

(Christian Arabian)

Illustration: Guy Baron

 

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