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Poésie

Archive for 8 juin 2017

LE FEU DES FLEURS (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

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LE FEU DES FLEURS

Les fleurs ne sont que les feux du soleil,
Comme l’on voit au printanier réveil,
Quand le lilas s’allume et devient tel
Qu’un candélabre azuré sur l’autel,
Les boutons d’or tels que les coeurs vermeils
De la veilleuse aux champêtres sommeils
Et l’anémone au pétale pareil
A l’humble braise où, tout courbe et tout vieil,
Le pauvre cuit la soupe que le ciel
Lui sert avant le repas éternel.

(Francis Jammes)

Illustration

 

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Le temps de changer (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Ettore Aldo Del Vigo 72

Le temps de changer

On a toujours le temps de changer.
Le triste et morne péché peut durer des années.
Mais la bonté peut venir en un éclair.

Les anges sont prêts à t’accueillir.
L’Esprit est prêt à venir à toi.
Ses flammes sont prêtes à te toucher.

Laisse ces flammes te brûler la peau!
Laisse l’Esprit entrer dans ton âme !
Laisse les anges t’embrasser !

(Pensées celtiques)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

 

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TRISTESSES (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Louise Georgette Agutte Femme au Bouquet de Lilas (1910-12)

TRISTESSES

Elle avait emporté des brassées de lilas.
Et, comme elle partait couverte de printemps,
elle était comme un lys qu’un pollen ravissant
aurait poudré. Son front est lisse, un peu trop grand.
Les lilas qu’elle avait, elle les posa là.
Je me suis approché de ces fleurs fatiguées
d’avoir été tenues un moment dans ses bras.
Courbé comme un enfant de choeur par l’encensoir,
sur leur sombre parfum ma bouche s’est posée.
Elle a tendu la main et m’a dit au revoir.

(Francis Jammes)

Illustration: Louise Georgette Agutte

 

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Des jambes qui ploient (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Susan Madsen 13

Des jambes qui ploient

Mes jambes ploient sous le poids de mes péchés.
Comme une cargaison de grosses pierres attachées à mes épaules,
Je porte ce fardeau toute la journée et tous les jours.
Comment puis-je relâcher les courroies et me libérer ?

Je laisserai mes genoux fléchir et s’affaisser
Et le fardeau peser sur moi jusqu’à ce que je m’écroule au sol.
Si les courroies restent tendues, je serai écrasé et je mourrai.
Si les courroies se relâchent, je me lèverai et je vivrai.

(Pensées celtiques)

Illustration: Susan Madsen

 

 

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Le prêtre et le pêcheur (Pensées celtiques)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



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Le prêtre et le pêcheur

Le prêtre: Pourquoi restes-tu là à ne rien faire sur le sable à côté de ton bateau ?

Le pêcheur: Parce que c’est une journée chaude et ensoleillée.

Le prêtre: Tu devrais être en mer à prendre du poisson, au lieu de te contenter de fainéanter.

Le pêcheur: Pourquoi devrais-je attraper plus de poisson ?

Le prêtre: De façon à te faire plus d’argent !

Le pêcheur: Pourquoi devrais-je me faire plus d’argent?

Le prêtre: De façon à ce que tu puisses acheter un autre bateau, employer plus de pêcheurs et prendre plus de poisson !

Le pêcheur: Pourquoi devrais-je faire cela?

Le prêtre: De façon à te faire encore plus d’argent.

Le pêcheur: A quoi cela me servirait-il ?

Le prêtre: Après avoir travaillé dur et t’être fait de l’argent, tu pourrais te croiser les bras et te délasser.

Le pêcheur: C’est exactement ce que je suis en train de faire maintenant!

(Pensées celtiques)

Illustration

 

 

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On y pense (Benoit Gastou)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (37)

On y pense

On y pense tous mais on ne fait rien
Jamais le temps, toujours le retard
L’excuse se défile et le pardon s’enfuit
Des envies qui devancent nos regrets
En pleurs aisés trop vite séchés
J’y pense, tu y penses, tout le monde y pense
Je ne fais rien, tu ne fais rien, personne ne fait rien
On laisse comme ça et on ne change pas
Reste là.

(Benoit Gastou)

Découvert ici: ailleurssijysuis.wordpress.com

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

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Femme (Savannah Savary)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



Alexander Maranov (4) 

Femme

Femme du tréfonds des univers
femme coulée d’argile et d’or
femme cadeau de l’enfer
femme trophée de guerre
femme souveraine des hommes
femme entrailles d’abondance
au visage de ma mère
au visage de ma soeur
au visage de l’inconnue
le verdict entaché de larmes éternelles
lavant draps oreillers et matelas
de la matrice à la tombe
dis-moi pourquoi tes tripes logent
l’amertume le pardon le remords
l’acceptation la révolte la colère
sous les côtes de l’autre
le mâle endimanché
de son glaive de son poing
de son fusil de son discours
gouffre qui te fascine
en un souffle rauque
sous la dureté du ventre
douce femelle sans saison
ta renaissance viendra de l’obscurité
en éclats de lumière inespérée
car tes os poussiéreux
sont pureté de diamant
l’éternité sous des décombres.

(Savannah Savary)

Illustration: Alexander Maranov

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CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



CIEL NOCTURNE ET CHUTE D’ÉTOILE

Le ciel, grand, plein de retenue splendide,
une provision d’espace, un excès de monde.
Et nous, trop loin pour nous laisser façonner,
trop près pour nous en détourner.

Là-bas une étoile tombe ! Et notre désir à la voir,
d’un regard bouleversé, rivé à elle et pressant :
Quelles choses ont commencé et lesquelles disparu ?
Quelles choses sont coupables ? Et lesquelles pardonnées ?

***

NACHTHIMMEL UND STERNENFALL

Der Himmel, groß, voll herrlicher Verhaltung,
ein Vorrat Raum, ein Übermaß von Welt.
Und wir, zu ferne für die Angestaltung,
zu nahe für die Abkehr hingestellt.

Da fällt ein Stern! Und unser Wunsch an ihn,
bestürzten Aufblicks, dringend angeschlossen:
Was ist begonnen, und was ist verflossen?
Was ist verschuldet? Und was ist verziehn?

(Rainer Maria Rilke)

 

 

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A défaut de miroir (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



A défaut de miroir
je me regarde
dans une planche de merisier,
dans le crépi d’un mur,
et mes yeux
à la longue m’apparaissent
à bonne hauteur,
à fidèle couleur.
L’imperfection du bois
ou les nervures du plâtre
les déforment seuls,
les faisant ressembler
tantôt à une flamme en veilleuse,
tantôt à deux poissons bleus.

Cette tête
ne me contient pas,

ces mains
ne sont pas les gants de ma tendresse,

cette voix
n’est pas celle qui me raconte.

Je vis à côté de mon corps
comme auprès d’une maison
un noyer centenaire.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

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Printemps plein d’indolence (André Gide)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2017



 

Kristoff L   mais-le-printemps

Printemps plein d’indolence,
j’implore ta clémence.
A toi, plein de langueur,
j’abandonne mon coeur.
Ma pensée indécise
flotte au gré de la brise.
Un ruissellement tendre me pénètre de miel.
Ah! N’entendre, ah! ne voir
qu’à travers le sommeil.
A travers ma paupière,
j’accueille ta lumière, Soleil,
qui me caresse, pardonne à ma paresse,
bois mon coeur sans défense,
Soleil plein d’indulgence.

(André Gide)

Illustration: Kristoff L

 

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