Arbrealettres

Poésie

Le coquillage (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



Le coquillage

Peut-être te suis-je inutile,
Nuit; de l’abîme universel
Je suis sur ta rive jeté
Comme un coquillage sans perle.

Ta vague indifférente bat,
Et tu chantes, inconciliable;
Mais tu aimeras, tu apprécieras
Le mensonge de l’inutile coquillage.

Tu vas revêtir ta chasuble,
T’étendre sur le sable auprès de lui,
Y nouer avec des liens indissolubles
La cloche énorme des roulis.

Et le coquillage fragile
Tu vas l’emplir d’un murmure d’écume,
Comme la maison d’un coeur inhabité,
Et de vent, et de pluie, et de brume…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Sabin Balasa

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3 Réponses to “Le coquillage (Ossip Mandelstam)”

  1. Lara said

    « les mots sont des pierres, « voix de la matière » autant que matière de la voix ».(Mandelstam)
    Le traducteur aura eu une tâche immense..pour transmettre l’acoustique du mot essentielle chez ce poète…

  2. A reblogué ceci sur Maître Renard.

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