Arbrealettres

Poésie

L’ÉTANG (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



L’ÉTANG

Pas de mystère
Ailleurs qu’en moi
J’ai planté ces pierres
Sans savoir pourquoi.

Ce n’est pas vrai qu’après ma mort il y aura
Des mains encor pour recevoir épanouies
Le poids d’un sein. Ce n’est pas vrai qu’on entendra
Monter encor la haute plainte des amies.
Caresse-moi. Murmure-moi n’importe quoi.
Ce n’est pas vrai que s’en ira de moi la vie.

Froide aiguille je te cherche
Dans le foin
De la foule.
Je te cherche, je te cherche
Toi qui m’as tant de fois
Et si cruellement blessé
Mais qui n’aurais pu coudre
Sans ma main,
Mais sans qui ma main
N’aurait pu coudre
Et recoudre
Et recoudre.

Je te cherche et je te chercherai
Jusqu’à ce que le dernier fil
Craque.
Aie pitié du lambeau que torture le vent
Que piétinent les gens.
C’est moi qui te cherche.

(Jean Rousselot)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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