Arbrealettres

Poésie

Le poème immobile (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017


 

 

Le poème immobile

C’était      à n’en plus finir…
Cette âme en orties
Ce feu qui se dégrade
La foudre de toute souffrance
injectée dans la moelle
Les entailles du cri.

C’était     c’était     c’était :
comment traduire ce jour
son espoir dépecé
la tête cherchant murs où partir en éclats?

C’était     c’était     c’était…
Captif comme solitude
Plus malade qu’agonie

C’était     c’était encore
Cependant je le jure :
pour distancer l’écorce
pour dissoudre tout l’amer

C’était     ce fut
Ensuite :
en deçà des abîmes
Renommer la terre d’herbes
Donner lieu à l’espace
Et délivrer les souffles
pour revivre en cette vie !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: cavernes et soleils
Editions: Flammarion

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