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Poésie

Archive for 4 août 2017

On remonte la page (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration
    
On remonte la page
On suit la phrase
On est choisi par le mot
dit à l’infini
jusqu’à l’apparition du visage de l’Aimé.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Ta présence endormie (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration:  Théodore Chassériau
    
Ta présence endormie
m’atteignait dans mon sommeil.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Quelqu’un voulut construire un mur (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017




    
Quelqu’un
voulut construire un mur
pour étouffer
le cri d’un mur.

Le mur
criait
avec le mur.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Anciennement pleurées sur terre (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017




    

Anciennement pleurées
sur terre,
remontent vers ce cri
les larmes de tous les temps.

Mais où trouver
dans la boue des paroles
et les macérations
d’obscur
assez de lumière
pour une
larme ?

Absente
comme la plus lointaine étoile morte
que j’aie dans l’oeil,

toi, sur la tache aveugle
tu te tiens.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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L’air s’épaissit en nuées (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration
    
L’air s’épaissit en nuées.

A la bifurcation
des chemins
attend
celle qui m’environne.

Je navigue et divague
en ce qui résiste
au néant

une haleine de lune
un bruissement d’être
dans les mimosas écumeux
où se recueille
grâce
d’arrière vie,
le souffle de l’absence.

Pourquoi chercher
le seuil crépusculaire
de ce qui commence ?

En l’innommable
brûlant, brûlant,
plus loin que la chair,
court la déchirure.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Il tourne, le vent du vide (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Ewa Hauton  
    
Il tourne,
le vent du vide,
dans la crypte
de ton nom.

Ton absence
m’assombrit
comme une ombre de toi.

De quoi témoigne-t-elle ?

De ce qui existe
ou de ce qui n’existe pas ?

Tu miroites
dans ce mystère.

Est-ce l’essor
de mourir ?

Où te consumes-tu ?

Où t’envoles-tu ?

Tu cours, oh ! comme tu cours
sur la mer,

mon aile
dans tes cheveux !

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Qui clamera (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



    

Qui clamera
le tourment du « Comment ? »
balbutiera
l’antienne du silence,
un murmure
frôlant le tréfonds
du temps ?

Bouche ouverte
des morts

buveuse de néant.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Des joyaux de marées (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



   Illustration: Jolly Koh
    
des joyaux de marées descendues de l’écume des
mots dans une dentelle de hurlements
qui suent
la révolte dans les gazes des yeux
la couleur d’un baiser follement consenti
à une fleur cervicale
dans l’urne des divagations

une encre meut ses arabesques vespérales
ses arabesques hurlantes

(Mathieu Bénézet)

 

Recueil: … Et nous apprîmes
Editions: Flammarion

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DES MOTS AMOUR (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017




    
DES MOTS AMOUR

Erreur

Charger les mots de dire l’amour
Tant ils sont boiteux étroits
Pris dans la moisissure de l’habitude
Usés dans la pâleur masquée

L’amour est ou n’est pas

Pas besoin de béquilles
Ni d’échelle pour monter au ciel
Une lumière aveuglante
Dans le sillage du silence élu
Une page blanche où le poème s’imprime
Amour sans annonce
Pudique comme un crime
Évident comme une nuit encombrée d’étoiles
Une belle nuit sans sommeil
Où nous sommes ce que nous sommes
Fragiles et abîmés
Espérant espérés
Vivants

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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J’ai longtemps attendu (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration: Amedeo Bocchi
    
J’ai longtemps attendu sur le versant sud de la lumière
L’arrivée de l’aimée
Embellie des jours suspendus

J’ai imaginé sa voix
J’ai dessiné la grâce de ses mouvements
Je l’ai invitée dans mes rêves
Je l’ai habillée
Robes et kaftans d’Orient

J’ai marché sur le fil improbable du désir
Une rencontre c’est un peu de hasard
Le temps et le vide
La raison et l’absurde qui sourient

Il faut renoncer à comprendre
Prendre le train de la nuit
Les yeux fermés
Et la lumière au bout du tunnel

J’ai longtemps vécu d’espoir
Embarqué par l’illusion
Un doux mensonge à soi
Une promesse et du vent

Sur les lèvres gercées du temps
Sur le corps meurtri par l’attente
Dans la clarté des évidences
J’ai vu l’aimée
Avancer vers l’horizon où j’ai enfoui mon visage

L’ai-je vue ou imaginée
Je sais qu’elle existe
Je sais son sourire qui affole les regards
Je sais les yeux mouillés de brume
Les mains prêtes pour recevoir

Je sais qu’elle viendra un jour
Ramasser ce qui subsistera de mes solitudes
Elle m’emmènera là où on dépose
Les âmes et les armes.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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