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Poésie

Archive for 5 août 2017

J’égare les mots (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



J’égare les mots parmi les herbes
et je songe à un visage

(Tahar Ben Jelloun)

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Éloge de l’autre (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



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Éloge de l’autre

Celui qui marche d’un pas lent dans la rue de l’exil
C’est toi
C’est moi
Regarde-le bien, ce n’est qu’un homme
Qu’importe le temps,
La ressemblance,
Le sourire au bout des larmes
L’étranger a toujours un ciel froissé au fond des yeux
Aucun arbre arraché
Ne donne l’ombre qu’il faut
Ni le fruit qu’on attend
La solitude n’est pas un métier
Ni un déjeuner sur l’herbe
Une coquetterie de bohémiens
Demander l’asile est une offense
Une blessure avalée avec l’espoir qu’un jour
On s’étonnera d’être heureux ici ou là-bas.

(Tahar Ben Jelloun)

Découvert ici: http://gouttedeau.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

 

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La barque d’un corps apaisé vogue lentement sur les couleurs du soir (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



La barque d’un corps apaisé
vogue lentement sur les couleurs du soir
temps et lumière de crépuscule
faisant frémir la cendre et le silence
notre désir entre dans la nuit
précédé de l’amour
cet amour reconnu dans les perles de l’absence.

Il est le visage et la main le rire
la grâce du corps endormi
le chant des larmes entre les dunes.

La nudité est un soir d’été
une flamme entre nos mains gardée
un fleuve solitaire dont nous sommes l’origine et la source.

(Tahar Ben Jelloun)

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Magritte (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Magritte est un mécanicien du jeu et de la plaisanterie.
Il rend un hommage d’ironie et de plaisir aux objets du quotidien,
des objets à regarder et à penser.

L’humour des pierres est un oiseau taillé dans l’océan
ou une femme découpée dans du bois.
Rire de la couleur,
précision du ciel,
scandale de la banalité
et craquement de la mémoire déposée comme présage
sur une dalle face à la mer.

Magritte manipule la liberté des couleurs et des mots.
Le langage est piégé par le bonheur,
détruit par la liberté.

Magritte est un homme qui est un plaisantin,
un amusé de la tendresse qui a tournée le dos à l’angoisse.
En fait, il l’a noyée dans un pot de couleurs
pendant que sa femme posait nue
devant un nuage,
tout
bleu.

(Tahar Ben Jelloun)

Illustration: Magritte

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Tous les matins (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017


souk-21

Tous les matins
le soleil entre chez Si Lmokhtar
pille la mémoire du miroir
monte sur l’échelle
et s’en va en riant

(Tahar Ben Jelloun)

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Des mains (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Des mains creusées par la terre
se sont dressées
avant de devenir cendre
lumineuses parmi les racines
elles protègent le corps
déposé par le fleuve.

(Tahar Ben Jelloun)

Illustration: Rodin par Jacques

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Le silence d’une étoile (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Le silence d’une étoile
échangé contre un peu d’eau

(Tahar Ben Jelloun)

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Une forêt un cerf-volant et une femme légère qui danse (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



Dans l’obscur
il y a une faille
dans la fumée
du bleu
dans l’éclair
le désir
une forêt
un cerf-volant
et une femme légère qui danse
dans une chambre d’amour suspendue
entre deux chênes.

(Tahar Ben Jelloun)


Illustration: Lore

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Quand le miroir, las de réfléchir (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017


 


Ronnie Biccard 33dc8b61

 

Quand le miroir, las de réfléchir,
ne nous enverra aucune image,
quand le temps, privé de nos impatiences,
cessera son cours,
quand la couleur, infidèle au sens,
se mêlera à la grisaille de nos matins
il ne restera plus que la mouette
pour aller se poser sur la cime d’écume.

(Tahar Ben Jelloun)

Illustration: Ronnie Biccard

 

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Pour laver la moisissure des promesses non tenues (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



 

Ernest Pignon-Ernest  chômage

Pour laver la moisissure des promesses non tenues
La main glisse sur le mur
Trace dans l’humidité verdâtre
Le chemin de l’oubli.

(Tahar Ben Jelloun)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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