Arbrealettres

Poésie

Archive for 6 août 2017

Une hirondelle (Issa)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017


une-hirondelle

 

du nez du grand Bouddha
sort
une hirondelle

(Issa)

Illustration

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , | 2 Comments »

Les nuages d’été (Issa)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



Ils se font démons
ils se font aussi Bouddhas
les nuages d’été

(Issa)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Que c’est agaçant! (Issa)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017


 

Que c’est agaçant!
Toutes ces fleurs!
Dit le Bouddha endormi

(Issa)

Illustration

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Le Village (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



Le Village

Telle une pleine potée de patates,
Lentement fume dans la sage
Et tiède soirée du village
Une foison d’ardoises écarlates.

Faisant alors un signe au paysage,
Espoir, une svelte fumée
S’attarde dans la cheminée,
Puis pour monter, dans le doute s’engage.

L’acacia, l’ombre va l’accueillir,
Et son menu sein ferme tremble.
Le petit arbre exhale ensemble
Air et papillon, un petit soupir.

Et cependant que me couvre, m’entoure
Le buisson de mélancolie,
Tombent les abois dans l’oubli
Sur de grands pays de velours.

Péniblement, les femmes, tortillées,
Déjà vont allumer la lampe.
Ame opprimée, la flamme rampe,
Tandis qu’au ciel elle veut s’élancer.

Et tout s’éteint. La lune maternelle
Baigne le pré dans son halo.
Là, une branche de sureau
Vers la clarté tend sa main fraternelle.

De l’éternel bonheur la source mouille
D’une simple tuile un haillon,
Et bouddahs d’émeraude sont
Dans la fraîche pelouse les grenouilles.

De sabre au clair, l’avoine de naguère
A courbé aujourd’hui son front,
Et murs en ruine seront
Bientôt sa gloire et sa force d’hier.

Là règne le silence. On y perçoit
Peut-être une voix cristalline.
Sans bien l’entendre on la devine.
Seul maintenant le silence en fait foi.

Ce qu’il comprend, l’esprit, quand il s’éclaire,
Emergeant seule de la nuit,
C’est cette parole d’ici,
De la charrue, de la bêche de fer.

Ces mots sont aussi ceux du paysan :
Au soleil, au sol, à la pluie.
Ces mots sont les miens aujourd’hui.
Le temps soigneux sera leur confident.

Ces mots sont là, comme pour un sourire
Au nourrisson; la flatterie
A un cheval: tout ce qu’ici
Contient le pur, le grave pour le dire.

Dans le sommeil le village est plongé.
Des rêves angoissés voltigent,
Qui frôlent de l’herbe la tige
Où l’ombre somnolente est engagée.

Dorment les fouets, les bottes, les couteaux,
Les cieux, les prés, les grands, les sages
Espaces entre les feuillages
Et les nervures fines des rameaux.

Le rude paysan, dans son sommeil,
Peu à peu devient sécheresse
Et tel un chagrin qui lui blesse
Le cœur, là-haut je suis assis, je veille.

(Attila Jozsef)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Les fleurs s’éparpillent au vent (Kobayashi Issa)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



 

Les fleurs s’éparpillent au vent!
sous l’ombre des arbres
une statue sacrée

(Kobayashi Issa)

Illustration

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

BULLETIN DE SABLE (Kiki Dimoula)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



BULLETIN DE SABLE

Nouvelles intérieures :
Les bruits bien sages dans la maison.
Leur vertu fatiguée
a sommeil.
Le corps a enfilé son âme de nuit
et s’apprête à sombrer.
Les ombres ont bu leur tonique
et grandissent aux murs.
Quelques lueurs soudaines
au bout rouge de la cigarette
sont apaisées par la cendre psychiatre.
Tes lunettes sur le bureau assises en tailleur
bouddha plongé dans l’autocontemplation.
Une importante découverte
de la loupe : sous son regard
la poussière se déchaîne, grossit
comme du sable et l’on a vu déserte
une mer sablonneuse
courir sur tes affaires
Nouvelles de l’étranger :
Nous avons eu aujourd’hui un temps
un peu meilleur que le temps perdu.
Mais moi que les petits progrès
épuisent je ne l’ai pas essayé.
On a encore fêté l’anniversaire hier
du dimanche, invivable tous les six jours.
On a trouvé un phare, on a perdu son sens
avec les brisants.

Ta démission est acceptée.
Dommage.

Tu avais tant à perdre encore ici.

(Kiki Dimoula)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les rossignols bleus (Patrick Druart)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



Les rossignols bleus
le bouddha décapité
ne les entend pas

(Patrick Druart)


Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Allongé dans le hamac (Nahoko Okabe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



l_homme_au_hamac

Allongé dans le hamac,
l’impression d’être
sur la cuisse de Bouddha

(Nahoko Okabe)

Illustration

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Première brise d’été (Aizu Yaichi)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



Première brise d’été
Sur les pouces du Bouddha!
L’aurait-il ressentie?

(Aizu Yaichi)

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

ICEBERGS (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2017



 

ICEBERGS

Icebergs, sans garde-fou, sans ceinture,
où de vieux cormorans abattus et les âmes des matelots morts récemment
viennent s’accouder aux nuits enchanteresses de l’hyperboréal.

Icebergs, Icebergs, cathédrales sans religion de l’hiver éternel,
enrobés dans la calotte glaciaire de la planète Terre.

Combien hauts, combien purs sont tes bords enfantés par le froid.

Icebergs, Icebergs, dos du Nord-Atlantique, augustes Bouddhas gelés sur des mers incontemplées,
Phares scintillants de la Mort sans issue, le cri éperdu du silence dure des siècles.

Icebergs, Icebergs, Solitaires sans besoin, des pays bouchés, distants, et libres de vermine.
Parents des îles, parents des sources,
comme je vous vois, comme vous m’êtes familiers…

(Henri Michaux)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :