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Poésie

Archive for 7 août 2017

J’ai tout d’un coup conçu (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



    

seul
le silence de ton esprit
tout est si chaud
tu considères
chaque grain de lumière
à mesure
de son surgissement
ton coeur
ne cesse de danser
s’accorde
au tremblement d’amour
des nativités internes

J’ai tout d’un coup conçu un amour immense et inégalable

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Caresse étroitement (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Marwan George Khoury
    
la souffrance
ne court plus
comme un feu à travers le bois sec
dans chacune de tes cellules
pulse une étoile
juste et sensible
charnelle
à cet essentiel pressentiment
tu dis oui
l’amour n’a pas de cause
le coeur n’a pas de cause
l’univers n’a pas de cause

Caresse étroitement ta dernière caresse

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Mes ténèbres (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




   
Mes ténèbres ne se sont jamais entièrement dissipées
elles se sont étoilées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Je viens de loin (Roger Gilbert-Lecomte)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Rockwell Kent
    
Je viens de loin de beaucoup plus loin
Qu’on ne pourrait croire
Et les confins de nuit des déserts de la faim
Savent seuls mon histoire
Avec ses ongles avec ses dents celle qui est partout
M’a fait mal
Et surtout surtout son affreux regard de boue
M’a fait mal
Si maintenant je dors ancré
Au port de la misère
C’est que je n’ai jamais su dire assez
À la misère
Je suis tombé en bas du monde
Et sans flambeau
Sombré à fond d’oubli plein de pitiés immondes
Pour moi seul beau

(Roger Gilbert-Lecomte)

 

Recueil: Testament
Editions: Gallimard

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ÉLOGE DES SURVENANTS (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration
    
ÉLOGE DES SURVENANTS

Ils s’allument et s’éteignent
au moment opportun
ils ne se demandent pas

à chaque seconde
s’ils vont mourir
où même s’ils sont nés

ils éclosent
ils se font jour
ils poèment

comme les pommiers pomment
et les poissons poissonnent
ils poèment

en force souveraine
en énergie vibrante
en crépitement liquide

ils poèment et poèment
tant et tant
qu’ils n’ont plus besoin d’être

ils poèment
jusqu’au point doré du temps
ils poèment

en nouveaux loups des steppes
dans le splendidement
incompréhensible

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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ROUGE HORIZON (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
ROUGE HORIZON

j’avance
le long de ce fil rouge qui court
entre nos vies

tout au long
de cette ligne de plein coeur
qui fuse en continu

fil tendu
entre deux rêves
prisme de tous les possibles

j’avance
par cette ligne de faille
ligne de force

ligne de feu
ligne de chance
au fil des aubes

j’avance
sur cette ligne de partage des âmes
au fil des secondes éclairantes

ou crépusculaires
au fil des secondes cuivrées
et je glisse

chaviré
jusqu’au jour des jours
jusqu’à la nuit des nuits

danseur de corde
sur le rouge poudroyant
des vents magnétiques

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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Un livre (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
Mesure-t-on véritablement la grande réserve des mots qui nous habitent,
savons-nous réellement l’immensité de notre mandala verbal ?

Laissons-nous prendre, reprendre et surprendre encore
par la plasticité charnelle des mots,
par leur circulation amoureuse, illimitée.

Un livre, c’est toujours une respiration, un rythme — une providence.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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REPRENDRE HALEINE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
REPRENDRE HALEINE

J’ai toujours voulu
tout accueillir tout aimer
tout faire vivre
d’un seul regard démultiplié
m’accorder à ma ligne de plus haute tension
par-delà la fatigue
par-delà l’épuisement
tout accueillir tout
aimer
aller
aller plus avant
vers les grands creusets de l’effervescence
ne jamais en finir avec l’infini
doter chaque instant
d’une présence authentique
dernier souffle premier souffle

Écouter enfin
écouter autrement
écouter toute la palette
de mon radar intime
m’ouvrir
à tous les confins
vivre sept ou neuf vies
en vigueur folle
en vibrant retour de présence
faire jongler la création
ne pas cesser
d’apprendre à naître
jouer en tous lieux et en tous temps
de mon clavier d’apesanteur
comme d’un absolu trait d’union
dernier souffle premier souffle

Autrement
obstinément

où les corps s’électrisent
dans l’insoupçonnable
don de soi

où l’on fait chanter les contraires
au pays
des langues-univers
des immersions fertiles
des transes ciselées
des justesses transformantes

où l’on se reconnaît toujours
dernier souffle premier souffle

Un seul mot
et le monde cesse d’être hostile
un seul mot
et je rejoins le point d’orgue des éblouis
j’entre en résonance
avec la ferveur du big-bang
je convoque mes frères d’altitude
chasseurs subtils
blasons de pur vertige
danseurs d’accélération
tous ceux qui vont et viennent
s’attardent ou jaillissent
entre la vie et la mort
l’eau et le feu
l’oubli et l’extase
dernier souffle premier souffle

Face aux pièges à néant
aux grandes schizophrénies mortifères
qui dévastent
l’esprit même de la planète
je me voue
inlassablement
à l’aïkido du coeur
libre
d’être toujours plus libre
tel un guerrier des bienveillances radicales
libre de tout donner
pour ces instants où la sève
déborde
s’enfièvre davantage
fermente en turbulences
dernier souffle premier souffle

Venise New York Bénarès
au centre
de la ligne d’horizon
l’esprit et l’espace
respirent
ensemble
la lumière irrigue
le réseau des veines
mille poèmes
en amont du poème
mille voix
en amont de la voix
l’amour l’énergie l’amour
il est temps de plonger
pour étreindre les sirènes
dernier souffle premier souffle

Par-delà ces tremblements d’ailes noires
libre
de tout donner pour ce désir
souriant
libre de ne plus croire à rien
sinon
au baume du doute
à l’ardente lucidité
libre
d’exacerber les
précipices
de consentir à l’imprévisible
souffle du sommeil
souffle du poème
dernier souffle premier souffle
second souffle

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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C’était dans cette impénétrable retraite (Herman Melville)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
[…]

C’était dans cette impénétrable retraite
que dormait,

entouré par l’univers,
ceinturé par le zodiaque,
environné par l’horizon,
enveloppé par l’océan,
enclos dans le récif,
emprisonné dans les montagnes,
niché dans sa chambre,
ceint de l’insigne royal,
serré entre des bras,
replié sur lui-même,

l’indivisible Donjalolo,
monarque absolu de Juam

– amande au coeur de sa triple écorce,
étincelle au plus secret du rubis,
pépin blotti dans la pulpe juteuse d’une orange dorée,
royal noyau de pourpre dans la pêche efféminée,
sphère encapsulée au centre des sphères.

(Herman Melville)

 

Recueil: Mardi et le voyage qui y mena

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Je suis une bougie (Arseni Tarkovski)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Je suis une bougie, je me suis consumée tout au long du festin.
Recueillez ma cire au matin,
Et cette page vous dira tout bas
Comment pleurer, de quoi être fier,
Comment offrir
Sa dernière part de gaieté avant de mourir, facilement,
Et sous l’entrée d’un toit de hasard,
Brûler après la mort, tel un mot.

***

Я свеча, я сгорел на пиру.
Соберите мой воск поутру,
И подскажет вам эта страница,
Как вам плакать и чем вам гордиться,
Как веселья последнюю треть
Раздарить и легко умереть,
И под сенью случайного крова
Загореться посмертно, как слово.

***

I am a candle. I burned at the feast.
Gather my wax when morning arrives
so that this page will remind you
how to be proud, and how to weep,
how to give away the last third
of happiness, and to die with ease—
and beneath a temporary roof
to burn posthumously, like a word.

(Arseni Tarkovski)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Traduction: Aurélien Lécina
Editions: Revue Conférence n° 10-11 (2000)

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