Arbrealettres

Poésie

Le hamsin de nissan (Léa Goldberg)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



 

Illustration: Jean Goujon
    
Le hamsin de nissan

Je sais bien, ce jour rien n’a changé
Rien n’a eu lieu. Rien ne s’est passé.
Rien qui distingue d’autres jours, d’autres heures,
Signe ou marque, du pire ou du meilleur.

Pourtant le soleil a l’odeur du jasmin,
Pourtant la pierre frémit comme coeur battant,
Pourtant le couchant est couleur de l’orange,
Et le sable avance des lèvres caressantes.

Comment m’en souviendrai-je, anonyme, banal,
Comment conserverai-je sa grâce surgie soudain
Comment croirai-je qu’un de ces jours survint
Où je ne fis plus qu’un avec les éléments.

Où chaque arbre était une voile frissonnante
Où le silence avait le regard d’une enfant,
Où les larmes sentaient bon la nature en fleurs,
Où le nom de la ville ressemblait au nom de mon amour.

(Léa Goldberg)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: F. Kaufmann
Editions: Gallimard

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