Arbrealettres

Poésie

REPRENDRE HALEINE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017




    
REPRENDRE HALEINE

J’ai toujours voulu
tout accueillir tout aimer
tout faire vivre
d’un seul regard démultiplié
m’accorder à ma ligne de plus haute tension
par-delà la fatigue
par-delà l’épuisement
tout accueillir tout
aimer
aller
aller plus avant
vers les grands creusets de l’effervescence
ne jamais en finir avec l’infini
doter chaque instant
d’une présence authentique
dernier souffle premier souffle

Écouter enfin
écouter autrement
écouter toute la palette
de mon radar intime
m’ouvrir
à tous les confins
vivre sept ou neuf vies
en vigueur folle
en vibrant retour de présence
faire jongler la création
ne pas cesser
d’apprendre à naître
jouer en tous lieux et en tous temps
de mon clavier d’apesanteur
comme d’un absolu trait d’union
dernier souffle premier souffle

Autrement
obstinément

où les corps s’électrisent
dans l’insoupçonnable
don de soi

où l’on fait chanter les contraires
au pays
des langues-univers
des immersions fertiles
des transes ciselées
des justesses transformantes

où l’on se reconnaît toujours
dernier souffle premier souffle

Un seul mot
et le monde cesse d’être hostile
un seul mot
et je rejoins le point d’orgue des éblouis
j’entre en résonance
avec la ferveur du big-bang
je convoque mes frères d’altitude
chasseurs subtils
blasons de pur vertige
danseurs d’accélération
tous ceux qui vont et viennent
s’attardent ou jaillissent
entre la vie et la mort
l’eau et le feu
l’oubli et l’extase
dernier souffle premier souffle

Face aux pièges à néant
aux grandes schizophrénies mortifères
qui dévastent
l’esprit même de la planète
je me voue
inlassablement
à l’aïkido du coeur
libre
d’être toujours plus libre
tel un guerrier des bienveillances radicales
libre de tout donner
pour ces instants où la sève
déborde
s’enfièvre davantage
fermente en turbulences
dernier souffle premier souffle

Venise New York Bénarès
au centre
de la ligne d’horizon
l’esprit et l’espace
respirent
ensemble
la lumière irrigue
le réseau des veines
mille poèmes
en amont du poème
mille voix
en amont de la voix
l’amour l’énergie l’amour
il est temps de plonger
pour étreindre les sirènes
dernier souffle premier souffle

Par-delà ces tremblements d’ailes noires
libre
de tout donner pour ce désir
souriant
libre de ne plus croire à rien
sinon
au baume du doute
à l’ardente lucidité
libre
d’exacerber les
précipices
de consentir à l’imprévisible
souffle du sommeil
souffle du poème
dernier souffle premier souffle
second souffle

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Satori Express
Editions: Le Castor Astral

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