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Poésie

Archive for 10 août 2017

Mais quelle voix de douceur (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Mais quelle voix de douceur
et d’abandon
se fraie un chemin
entre les épaisseurs
parmi les noeuds du coeur
Quel sourire prend la plainte à revers
et l’efface
abrite la bête dans l’humide
sous les paupières
entre les lèvres

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Je suis sorti de ma nuit (Louis Aragon)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Je suis sorti de ma nuit je suis sorti de ma douleur
Il y avait un grand soleil sur le pas de la porte
Et tout ce qui m’habite a débordé de moi comme l’eau de la cruche
Et j’ai dit les mots de ma chair et de mon âme et j’ai dit les phrases de l’insomnie

(Louis Aragon)

 

Recueil: Le Fou d’Elsa
Editions: Gallimard

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Les lieux aussi sont corps mêlés (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Les lieux aussi sont corps mêlés
Misère et grandeur s’y accouplent
On reconnaît chacun à son ciel
comme il embrasse
comme il courbe et lisse ses teintes

Le temps alors
met sa tête sous son aile
vous confie au hasard

On a la bride sur le cou
On file ses rêves

On croirait
voyant autour de soi
des champs si propres
que ces courbes vous aiment
qu’elles prennent soin aussi
de l’âme
la font chanter

On abandonne les bois noirs
de la métaphysique
dès que s’éclairent ces contrées
On oublie la nuit griffue
la nuit des petits monstres

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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On ne badine pas avec l’amour ! (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: René Julien
    
On ne badine pas avec l’amour !

Tous les hommes sont menteurs,
Inconstants, faux, bavards,
Hypocrites, orgueilleux, lâches,
Méprisables et sensuels.

Toutes les femmes sont perfides,
Artificieuses, vaniteuses,
Curieuses et dépravées.

Le monde n’est qu’un égout sans fond
Où les phoques les plus informes
Rampent et se tordent
Sur des montagnes de fange.

Mais il y a au monde,
Une chose sainte et sublime :
C’est l’union de deux de ces êtres,
Si imparfaits et si laids…

On est souvent trompé en amour,
Souvent blessé
Et souvent malheureux.

Mais au bord de la tombe,
on se retourne
Pour regarder en arrière
Et on se dit :

« J’ai souffert souvent,
Je me suis trompé quelquefois
Mais j’ai aimé.
C’est moi qui ai vécu

Et non un être factice
Créé par mon orgueil et mon ennui. »

(Alfred de Musset)

 

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A présent (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration: Nupur Choudhary 
    
A présent le souci de parler
sur tant d’évidences
pèse lourd
Le livre est à sa fin
sans plus de forces
Les formes aimables
le débordent

Et donc regarde-moi
C’est ma supplique
A la dérobée regarde-moi
Puis viens vers tous ces signes
noircis en juste perte
Accorde-leur l’amitié
d’un long regard

Que ta noblesse les anime

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Tu ne vois pas (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration
    
Tu ne vois pas
combien ton corps
aimante l’espace
Tant d’années que je l’entends
qui respire hors de moi
Tant d’années qu’il s’abrite au secret
que je lui manque
comme on s’essouffle
dune après dune
à poursuivre une clarté

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Main accordée à l’autre main (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Main accordée à l’autre main
le regard ne sait rien
des yeux d’en face
ni leur couleur
ni l’arrière-monde
sauf la présence au bout des doigts
qui se dérobe
Main accordée à l’autre main
l’autre chaleur
réduit le monde à la caresse

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Quel nom (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Quel nom
quelle voix pour te nommer
ma belle agile
hors de moi
qui te prononce
et te baptise encore en vérité
Quel nom
que je ne dirai plus
versé à l’ombre
et coulé simplement dans l’absence

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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Encore la peau (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017




    
Encore la peau
sur quoi je pose ma main
sans rien entendre
ni savoir
que sa tiédeur
Chaleur pour chaleur
abîme pour abîme
la peau rend à la peau
la blessure
d’une caresse

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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De l’oiseau sur le toit (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration 
    
De l’oiseau sur le toit
je ne vois dans l’herbe
que l’ombre
comme sur ton visage
la passante inflexible qu’il accueille
et qui demeure au loin
Dehors est sans haine
sans compassion
rompu en soi
Dehors guérit de la fatigue

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: Fragments d’un corps incertain
Editions: Cheyne

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