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Poésie

Archive for 11 août 2017

Je crois à la vie à la mort (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Aron Wiesenfeld
    

je crois
à la vie à la mort
à la grande amour donnée
ou traversée
je crois
à la vraie gravité
à la tendresse impitoyable
je crois
au coeur de la nuit
au coeur de la pluie
je crois qu’il faut mourir
puis vivre
mourir avant de mourir
pour ne plus aimer mourir

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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NEUF ÉCLATS DE GESTE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Artem Chebokha
    
NEUF ÉCLATS DE GESTE

se détacher du temps
comme une fleur
de sa tige

qui griffe la lumière
fait durer
la courbe

à l’angle d’envol
tirer son corps
vers le bleu

c’est la boule du monde
qui libère
l’horizon

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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NEUF MÉDITATIONS SUR LE BLANC (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Roman Scheidl   
    
NEUF MÉDITATIONS SUR LE BLANC

sur le blanc
un corps d’arc-en-ciel
s’offre au vide

sur le blanc
ni ciel ni terre
seul un sillage sans fin

sur le blanc
le cri du froid
en coup de foudre

sur le blanc
les bâtons de fée
prennent l’air au bond

sur le blanc
éclair et flèche
un crissement de vif

sur le blanc
un emblème de nerfs
les foulées en orbite

sur le blanc
une sphère de solitude
sourit aux avalanches

sur le blanc
la houle des corps
attend la collision

sur le blanc
deux signes se contemplent
à la vitesse de l’abandon

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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La nuit ouvre ses yeux (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Jacqueline Fabbri
    
La nuit ouvre ses yeux en nous.
Rien ne retient plus le regard.
On fait corps avec le coeur.
L’onde est porteuse.
Juste à l’angle du temps.
La survie peut être célébrée.
On puise, mais avec une telle précision.

Si nue l’évidence quelle troue tous les pourquoi.
Au fond du charnier, une étoile ivre.
Des empreintes imprimées par le coeur.
Quelques arcs-en-ciel terrassés.
On laisse le bleu creuser son ombre.
Une seule goutte de feu suffit.
Ébloui, obstinément.

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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C’est à perdre la pensée (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Egor Shapovalov
    
c’est
à perdre la pensée
à tomber au bord de soi

c’est une soif
à aveugler les comètes

jusqu’au fruit qui ouvre la vie

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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L’INTIME SOUDAIN (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Xing Jianjian 
    

L’INTIME SOUDAIN

c’est au noir de soi-même
un très lent sommeil

la présence se rassemble
en traces d’incendie

s’éparpille la terre
poudroie le froid du monde

nous sommes les gardiens de l’exténuement

comme si tu retirais
le monde du monde
pour une éclaircie qui traverse tout

pacte des plus grands arrachements

territoire de la grâce
au passage blanc du vivant

une infinité de visages rompus
se pose au bord du monde

parole noyée entre deux lointains
l’intime soudain

la très haute langue d’insomnie

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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LOINTAIN SOUFFERT (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Egor Shapovalov 
    
LOINTAIN SOUFFERT

la souffrance
ne sait penser
qu’en angles morts

glisser
jusqu’à l’extrême étoile
pour perdre tous les angles

éprouver d’un coup
la mesure de son gouffre

penser à la vitesse du vide
ce qui jamais ne fut

plus haut
où nul ne se connaît
où tremble l’inattendu

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Avec ce battement d’énigme (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Albert Marquet
    
avec
ce battement d’énigme
où les vivants rejoignent leur visage

sous la chute sourde du ciel

avec le visage défait
au givre de l’année

jusqu’à la couleur du vide
qui étreint l’horizon

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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SANS LIEU (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
SANS LIEU

sans lieu
sans mémoire
les stèles du vide
le suaire du ciel
ce qui s’abat
sur le corps du monde

sans lieu
sans pourquoi
les hautes nuées
de sang sombre
l’abandon recroquevillé
dans la lumière

sans lieu
sans voix
par coulée
au plus bas
la nuit sortie au jour

sans lieu
sans nom
le géomètre des éclipses
parcourt l’horizon

sans lieu
sans boussole
l’abîme d’en-haut
la poudre d’ombre
la pulpe de l’ébloui

sans lieu
sans cesse
rompre la mort
avec ceux qui transparaissent
vers les lunes brûlées

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Chaque nuit (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017




    
chaque nuit épelle
le nom propre de Dieu

la fièvre du bleu
ne partage plus la loi des morts

chacune de nos syllabes
est un avis de tempête

sur l’île du dedans

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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