Arbrealettres

Poésie

Passantes, Couronnes de ma Folie (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2017



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Passantes, Couronnes de ma Folie

Des femmes fondent devant les carreaux de mon cœur
une neige de robes souples et de langueur,
soufflent dessus le ciel puissant de leur beauté :
buée qui coud sa soie sur tout le verre.

Soie qui aveugle.
Et je m’emmêle à l’écheveau des yeux
coulant le long des murs du souvenir
comme la lenteur d’un fleuve de plaine.
L’amour et la folie m’étranglent de leurs bagues.
Et mon cœur a pris sa tête entre ses mains
pour ne plus voir votre jour, ô femmes !

La courroie de la mort bat des ailes sur le ciel
et rôde autour de ma faiblesse.
Le pauvre fou d’amour s’en va le long des routes
noyer dans les grands bois
et dans les champs qui fuient les beaux démons
les si beaux démons aux danses de feu.

Sur son âme ne s’éparpille plus l’eau si douce du repos,
son cœur saute sur les pierres du chemin
et s’accroche aux haies comme un oiseau qui va mourir.
Une pluie de doigts blancs, de doigts précieux
comme de l’or mouille sa fuite éperdue vers l’oubli.

(Lucien Becker)

Illustration: François Contesse

 

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