Arbrealettres

Poésie

Archive for 20 août 2017

Ton corps au frémissement des paumes (Francis Tessa)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

Ton corps au frémissement des paumes
pour que s’envolent gazelles en plein midi

(Francis Tessa)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Vladimir Kush

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A la recherche de la beauté (Azadée Nichapour)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Relier tous les hasards
A la recherche de la beauté
[…]
C’est elle la Fée qui nous réalise
Elle seule console de la Cruauté
De naître au sein de l’Ephémère

(Azadée Nichapour)


voir ce Poète chez Lara

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La joie qui fait vibrer mon sang (Maurice Federman)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



La joie qui fait vibrer mon sang
Etait plus puissante que le monde…
Et bien qu’elle ne dura qu’un instant
Elle fut plus longue que la vie
Et plus profonde !…

(Maurice Federman)

Illustration: Alphonse Osbert

 

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Ta voix est cet espace où tremble la fleur de rien (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017





Ta voix est cet espace
où tremble la fleur de rien

Elle pourra mourir
entre deux souffles
comme on pousse une porte
machinalement

Rien n’aura changé

L’air qui passe
est plus léger
que les mots

(Marilyse Leroux)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

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La poésie (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



 

La poésie permet d’aiguiser les angles,
elle est faite pour percer le réel, forer, trouer,
voir ce qu’il y a au-delà du mur des apparences

(Charles Dobzynski)

Illustration: Alain Gagnon

 

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Il n’y a plus d’ombre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration: Albert Marquet
    
Il n’y a plus d’ombre écrasée sur la terre
brûlante comme une pierre chauffée de soleil.
Les abois sont plus sourds dans les fermes
qui étouffent dans l’odeur accablante des foins.

L’eau traverse les cailloux trop clairs
qui surgissent là où la clarté fait des trous.
Les sources sont plus profondes dans les vallées
où passe une rumeur d’insectes qui s’assoupissent.

La tête des femmes est douce comme une écume.
Le couchant est si long que la nuit reste claire
au-dessus du ciel qui serre le monde de près
au-dessus des hiboux qui n’osent pas bouger.

Il n’y a pas de veilleur sur la montagne
qui monte seule à la rencontre de la nuit.
Il n’y a plus d’éclair au creux des arbres
d’où l’ombre sort pour couvrir la terre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les chemins tremblants (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration
    
Les chemins tremblants de la senteur des trèfles
s’en vont dans le soleil l’un vers l’autre
avec des voitures hautes comme des maisons
avec des hommes qui ne peuvent pas mourir le jour.

Près des buissons débordant d’un peu d’ombre
des paysans muets mangent leur soupe trop salée.
D’autres dorment une demi-heure
le corps uni au levain chaud du sol.

La colline comme un coeur au-dessus des sources
qui se tranchent l’aorte avec des cailloux clairs
vient au village par des chemins de soleil.
La fenêtre n’a pas remué son aile entr’ouverte.

La lumière tête nue sommeille sur le lit défait
un enfant se roule avec les poules dans la poussière.
La clarté se casse comme un verre en plein ciel
et libère les arbres dans un beau jour d’été.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Les champs sont noir (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration: Abraham Poincheval 
    
Les champs sont noirs comme la bouche d’un tunnel
Ne quitte pas cette route qui vient des villes :
Le calme a des bordures qui cèdent comme des trappes.
Ne lève pas la main pour toucher le ciel bas.

Les nuages tombent de l’autre côté du monde,
lourds comme des forêts enfermées dans le vent,
larges comme les plaines qu’ils étouffent
et les pierres montrent les débris de chair de la terre.

Quelles douces mains s’accouvent sur nos fronts,
sous quels beaux miroirs se plaignent nos mémoires ?
Quand la pluie tombe, un grand fond de détresse
fait vaciller la joie qui monte dans l’homme.

Un geste indifférent résume le passé,
le coeur en battant a peur de faire du bruit,
la nuit ne peut consoler le cri des sirènes :
le monde est seul comme une bouteille bue.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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La tempête passe (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017




    
La tempête passe entre les doigts ouverts
en renversant le ciel parmi les feuilles mortes
et la terre ne dépasse plus de la terre
que par quelques arbres coulant avec leur mâture.

Les oiseaux perdus dans les branches se taisent,
les bielles s’arrêtent dans les machines souterraines,
les chambres sans plafond sont nues dans la bourrasque
qui troue la cendre froide où les hommes se cachent.

Les noeuds de rosée n’ont pas tenu dans l’herbe
qui pourchasse le vent en toute liberté,
surprise de voir la terre si dure et si passive
aux coups que lui donne le nuage en plein vol.

Les ceps transis restent seuls dans les champs
au milieu des os que tendent les chaumes.
Le monde est soudain vide comme un couloir
où le moindre pas, le moindre mot résonne.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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La chanson d’Ophélie (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2017



Illustration: John Everett Millais
    
La chanson d’Ophélie

Elle chante Ophélie, en tressant des couronnes
De ces petites fleurs que les champs verts nous donnent
Tout parfum, toute fraîcheur, en leur simplicité
Et le soleil sourit à sa jeune beauté.
Elle chante, inconsciente en sa douce folie,
L’âme ne sourit plus dans les yeux d’Ophélie

Elle chante, inconsciente, une étrange chanson
Son léger pas paraît la fuite d’un rayon
Tandis que le printemps autour d’elle rayonne
Elle chante en tressant sa dernière couronne

Et la blonde Ophélie errante au bord de l’eau
Ne sait pas que son pied effleure son tombeau

Près d’un fleuve, se penche en pleurant un vieux saule.
Comme un petit enfant qui monte sur l’épaule
De son aïeul souriant, ne craignant nul danger,
Elle monte sur l’arbre — un corps souple et léger.

Capricieuse elle veut, sur la branche ployante,
Suspendre sa couronne humble mais odorante
Et toujours en chantant sur les rameaux pleureurs
Elle monte, elle veut y suspendre ses fleurs

Mais un rameau se brise… Hélas la vierge tombe
L’eau souriante devient en un instant sa tombe

Mais ses blancs vêtements la soutiennent encor
Comme le cygne après son dernier essor
A l’heure de sa mort chante son chant suprême,
Avant de disparaître, Ophélie de même
Flottante encore sur l’eau, chante son dernier chant.

Et nul ne voit sa mort sauf le saule penchant
Hélas ! Bientôt finit cette chanson étrange,
En un long dernier râle étouffé sous la fange.

Puissé-je ainsi mourir, les mains pleines de fleurs
En chantant jusqu’au bout, sans larmes, sans terreur
Chantant jusqu’à ma mort, entraînée quand même
Par le fleuve inconnu, mystérieux et suprême
Par le fleuve funèbre où va l’homme banni
Par le fleuve profond qui mène à l’infini.

(Renée Vivien)

 

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