Arbrealettres

Poésie

Dans le quartier solitaire (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



Illustration: Grégoire Mathieu
    
Dans le quartier solitaire qu’on traverse en hâte
des volets se ferment sur des rires d’enfants
sur des voix très douces, très proches du coeur
qui font mal au passant, seul avec ses deux mains.

Prise dans la vitre, la tête d’une femme
supporte le poids de tout le paysage
et l’on sent qu’elle peut mourir en fermant les yeux
sans que bouge une feuille, sans que crie un oiseau.

Gluants d’étoiles, les carreaux sont moins noirs
sur l’ombre qui sort des chambres comme une forêt
qu’on ne peut arrêter, parce qu’il n’y a plus
sur les bords de la terre aucun fleuve de clarté.

Le vent est si las qu’il se pose sur la main
Un feu s’éteint sans cri au tournant de la nuit
et les fumées hautes marchent sur les toits
du pas tranquille de ceux qui sont morts.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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