Arbrealettres

Poésie

Moi j’écoute les chants aux vieilles cadences (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Moi j’écoute les chants
aux vieilles cadences
que chantent les enfants
quand ils jouent en ronde
et qu’ils versent en choeur
leurs âmes qui rêvent,
comme versent leurs eaux
les fontaines de pierre:
sur un ton monotone
de rires éternels
qui ne sont pas joyeux,
avec de vieilles larmes
qui ne sont pas amères,
mais disent des tristesses,
des tristesses d’amour
d’anciennes légendes.

Sur les lèvres d’enfants
les chansons rapportent
confusément l’histoire
et clairement la peine;
ainsi que l’eau dit
sa fable, bien claire,
d’anciennes amours
que jamais on ne conte.

Jouant, dans l’ombre
d’une vieille place,
les enfants chantaient…

La fontaine de pierre
versait son éternel
cristal de légende.

Les enfants chantaient
les chants ingénus
d’une chose qui passe
et jamais n’arrive :
confuse l’histoire
et claire la peine.

La fontaine sereine
poursuivait son conte,
l’histoire effacée,
elle disait la peine.

(Antonio Machado)

Illustration: Hans Thoma

 

2 Réponses to “Moi j’écoute les chants aux vieilles cadences (Antonio Machado)”

  1. Lara said

    Oh la belle ronde !

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