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Poésie

Archive for septembre 2017

PRÉMICES DU DESERT (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Leon Levinstein
    
PRÉMICES DU DESERT

Elle s’engage entre les murs, elle est proie de la lumière…
peut-être était-ce toi, à présent c’est une apparition
ou peut-être tout ce qui n’a ni repos
ni mouvement ni lieu et n’est ni vrai
ni privé de substance, vacuité que seuls
de purs miroirs trahissent en frémissant.

C’est une figure errante, sans répit…
elle est nôtre, je la croyais une chimère
si quelqu’une par miracle apparaissait
sous des pentes arides, inconsolée,
dans des rues sombres où rien ne vit plus,
rien sinon l’espoir du tonnerre.

***

PRIMIZIE DEL DESERTO

S’AVVIA TRA I M URI, È PREDA DELLA LUCE

S’avvia tra i muri, è preda della luce…
forse eri tu, ora è un’apparizione
o forse è tuno ció che non ha pace
o sede o movimento e non è vero
né insostanziale, vanità che solo
puni specchi tradiscono fremendo.

È una vaga figura, non ha requie…
è nostra, la credevo una chimera
se alcuna ne appariva per miracolo
sono aride pendici inconsolata
per vie cupe ove mente vive più,
riente se non la speranza del tuono.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    

NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES

Qu’espères-tu, qu’attends-tu, amie,
revenant en si sombre voyage
jusqu’ici où dans le soleil les orages
ont une très haute voix de deuil,
de jasmin embaument et d’avalanches ?

Je me trouve ici à cet âge que tu sais,
ni jeune ni vieux, j’attends, je regarde
cette vicissitude suspendue ;
je ne sais plus ce que j’ai voulu, ce qu’on m’imposa,
tu entres dans mes pensées et tu en sors indemne.

Tout le reste qui doit être est encore,
le fleuve coule, la campagne change,
il grêle, la pluie cesse, un chien aboie,
la lune sort, rien ne se réveille,
rien du long sommeil aventureux.

***

NOTIZIE A GIUSEPPINA DOPO TANTI ANNI

Che speri, che ti riprometti, arnica,
se torn per cosí cupo viaggio
fin qua dove nel sole le burrasche
hanno una voce altissima abbrunata,
di gelsomino odorano e di frane ?

Mi trovo qui a questa eta che sai,
né giovane né vecchio, attendo, guardo
questa vicissitudine sospesa ;
non so più quel che volli o mi fu imposto,
entri nei miei pensieri e n’esci illesa.

Tuno l’altro che deve essere è ancora,
il flume scorre, la campagna varia,
grandira, spiove, qualche cane lacra,
esce la luna, riente si riscuote,
niente dal lungo sonno avventuroso.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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CHANT (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



    

CHANT

Où vas-tu toi qui dans le vent aride parcours
une de ces routes sans saisons
où derrière les murs lumineux
tout pas qui résonne excite les chiens
et réveille l’écho ? Vus de la maison
d’où je te regarde, où le corps vit,
mouvement et quiétude se défont.

Je t’invoque pour la nuit
qui vient et pour le sommeil ;
toi qui souffres, toi seule peux me secourir
en ce passage aveugle du temps
au temps, en cet âpre voyage
de ce que je suis à ce que je serai
vivant une vie dans la vie,
dormant un sommeil dans le sommeil.
Toi, adorée, qui souffres comme moi,
me prend un vertige à penser
que le temps, froid
parmi les astres, sur les tempes et tout autre, contient
ta naissance, ta maladie, ta mort,
ta présence dans mon ciel et ta perte.

***

CANTO

Dove vai che nel vento ando corn
una di quelle vie senza stagioni
dietro i cui mur luminosi
un passo che rintroni aizza i cani
e sveglia Peco ? Visti dalla casa
da cui ti guardo, dove il corpo vive,
movimento e quietudine si sfanno.

T’invoco per la noue
che viene e per il sonno ;
tu che soffri, tu sola puoi soccorrermi
in questo cieco transito dal tempo
al tempo, in questo aspro viaggio
da quel che sono a quello che sari)
vivendo una vita nella vita,
dormendo un sonno nel sonno.
Tu, adorata, che soffri come me,
di cui mi dà vertigine pensare
che il tempo, questo freddo
tra gli asti e supe temple e altro, contiene
la nascita, la malattia, la morte,
la presenza nel mio cielo e la perdita.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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DE LA TOUR (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
DE LA TOUR

Cette terre grise lissée par le vent dans ses croupes,
dans son galop vers la mer,
dans sa ruée de troupeaux sous les dômes
et les contreforts de l’intérieur, vue
dans le vertige depuis les glacis, file
la lumière, file de mystérieuses années-lumière,
file un seul destin de multiples façons,
dit : « regarde-moi, je suis ton étoile »
et en cet instant s’enfonce plus profond
dans le coeur l’épine de la vie.
Cette terre toscane nue et pure
où court la pensée de celui qui reste
ou qui, issu d’elle, s’en éloigne.

Mes années, plus de quarante, essaiment toutes
hors de leur nid d’abeilles. Elles cherchent
ici plus qu’ailleurs leur pain, s’enquièrent
de nous, de vous murés dans la croûte
de ce corps lumineux. Et persiste,
persiste à pulluler la mort — la vie —
tendre et hostile, claire et inconnaissable.

Voilà ce que l’oeil saisit de cette tour de guet.

***

DALLA TORRE

Questa terra grigia lisciata dal vento nei suoi dossi
nella sua galoppata verso il mare,
nella sua ressa d’armento sotto i gioghi
e i contrafforti dell’interno, vista
nel capogiro dagli spalti, fila
luce, fila anni luce misteriosi,
fila un solo destino in moite guise,
dice : « guardami, sono la tua stella »
e in quell’attimo punge più profonda
il cuore la spina della vita.
Questa terra toscan brulla e tersa
dove corre il pensiero di chi resta
o cresciuto da lei se ne allontana.

Tutti i miei più che quarant’anni sciamano
fuori del loro nido d’ape. Cercano
qui più che altrove il loro cibo, chiedono
di noi, di voi murati nella crosta
di questo corpo luminoso. E seguita,
seguita a pullulare morte e vita
tenera e ostile, chiara e inconoscibile.

Tanto afferra l’occhio da questa torre di vedetta.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Quand Je Menais Les Chevaux Boire (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Edmund Blair Leighton

    
Quand Je Menais Les Chevaux Boire

Quand je menai mes chevaux boire
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Quand je menai mes chevaux boire
J’entendis le coucou chanter (bis)

Il me disait dans son langage
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Il me disait dans son langage
« Ta bien aimée vont l’enterrer » (bis)

Ah! Que dis-tu méchante bête?
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Ah! Que dis-tu méchante bête?
J’étais près d’elle hier au soir (bis)

Mais quand je fus dedans la lande
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Mais quand je fus dedans la lande
J’entendis les cloches sonner (bis)

Mais quand je fus dedans l’église
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Mais quand je fus dedans l’église
J’entendis les prêtres chanter (bis)

Donnai du pied dedans la chasse
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Donnai du pied dedans la chasse
Réveillez-vous, si vous dormez (bis)

Non, je ne dors ni ne sommeille
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Non, je ne dors ni ne sommeille
Je vous attends dedans l’enfer (bis)

Vois ma bouche est pleine de terre
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Vois ma bouche est pleine de terre
Et la tienne est pleine d’amour (bis)

Auprès de moi reste une place
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Auprès de moi reste une place
Et c’est pour toi qu’on l’a gardée (bis)

Quand je menai mes chevaux boire
Ilaire ilaire itou ilaire Ilaire oh ma nanette
Quand je menai mes chevaux boire
J’entendis le coucou chanter.

(Anonyme)

 

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LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR

Les mariniers adorent un beau jour,
Quand pleins d’espoirs s’en vont courir fortune,
Et des beautez que nous a fait Amour,
En ces bas lieux je n’en adore qu’une.

Les Cypriens n’adorent que Venus,
Lors qu’ilz avoyent l’ame d’amour attainte :
Et mes deux yeux en larmes devenus,
N’adorent rien icy bas que ma sainte.

Les prisonniers cherchent la liberté
Pour mettre fn à leur peine cruelle :
Moy je me plais en ma captivité,
Dans les liens d’une dame si belle.

Le Portugais envie la valleur,
Et la couleur de la perle d’Yndie.
Et je ne puis aymer autre blancheur
Que celle de la main qui me lie.

Venus, le jour et le soleil des cieux,
La liberté, et la perle indienne,
Ne me sont rien au pris de ses beaux yeux,
Nulle beauté n’est egalle à la sienne.

***

Bargees love a fne day
When, full of hope, they go off in search of fortune,
And of the beauties that Love has made us,
In these low places I adore only one.

The Cyprians adore only Venus,
When they had affected the soul with love:
And my two eyes having become in tears,
Adore nothing here below but my saint.

Prisoners seek freedom
To put an end to their cruel sentence:
I, however, enjoy my captivity
In the bonds of so fair a lady.

The Portuguese envies valour
And the colour of the pearl of India.
And I can love no other whiteness
Than that of the hand that binds me.

Venus, the day and the sun of the heavens,
Freedom, and the Indian pearl
Are worth nothing to me compared to her lovely eyes,
No beauty is equal to hers.

***

Die Seeleut‘ freu‘n sich über einen schönen Tag,
Wenn voller Hoffnung‘ sie sich aufmachen zur Fortüne.
Und von den Schönheiten, die uns Amor hat beschert,
Hienieden ich nur liebe eine.

Die Zyprioten lieben nur Venus,
Wenn ihre Seele von der Liebe ward getroffen,
Und meine beiden Augen in Tränen nun getaucht,
Lieben nur hienieden meine Heil‘ge.

Die Gefangenen trachten nach der Freiheit,
Zu beenden ihre grausam‘ Straf‘.
Mir gefällt es in meinem Kerker,
In den Banden einer Dame wunderschön!

Der Portugiese neidet den Wert
Und auch die Farbe der indisch‘ Perl‘.
Und ich kann lieben nur die Blässe
Der Hand, die bindet mich.

Venus, der Tag und auch der Himmel Sonne,
Die Freiheit, sowie die indisch‘ Perl‘
Bedeuten nichts mir im Vergleich zu ihren „teuren“
schönen Augen,
Kein‘ Schönheit kommt ihr gleich!

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

 

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Les Tendres Souhaits (Charles-Henri Ribouté)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Giovanni Bellini
    
Les Tendres Souhaits

Que ne suis-je la fougère,
Où, sur la fin d’un beau jour,
Se repose ma bergère,
Sous la garde de l’amour ?
Que ne suis-je le zéphyr
Qui rafraîchit ses appas,
L’air que sa bouche respire,
La fleur qui naît sous ses pas ?
Que ne suis-je l’onde pure
Qui la reçoit en son sein ?
Que ne suis-je la parure
Qui la couvre après le bain ?
Que ne suis-je cette glace,
Où son minois répété,
Offre à nos yeux une grâce,
Qui sourit à la beauté ?
Que ne puis-je par un songe,
Tenir son cœur enchanté ?
Que ne puis-je du mensonge
Passer à la vérité ?
Les dieux qui m’ont donné l’être,
M’ont fait trop ambitieux.
Car enfin je voudrais être,
Tout ce qui plaît à ses yeux.

(Charles-Henri Ribouté)

 

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QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



    

Illustration: Edmund Blair Leighton

QUEL SECOURS FAUT-IL QUE J’ATENDE

Quel secours faut-il plus que j’atende à ma peine,
Si ce n’est par la mort qui m’est toute certaine,
Puis que mes longs soupirs, ma foy, mon amitié
Le brasier de mon cœur, l’éfroy de mon visage,
Ne peuvent esmouvoir vostre obstiné courage
A se laisser toucher d’un seul trait de pitié.

O que le feu d’Amour est d’estrange nature !
Mon cœur sans defaillir luy sert de nourriture.
Je n’ay sang ny poulmon qui n’en soit consommé,
Mais differant et tout de la commune flame,
Encor que je vous touche il n’émeut point vostre ame,
Et rien qui soit en vous n’en peut être allumé.

***

What further help must I await for my suffering,
If it is not by death that is quite certain for me,
Since my long sighs, my faith, my friendship
My heart ablaze, the fright of my face
Cannot move your obstinate spirit
To let itself be touched by a single act of pity.

O how strange is the fre of Love!
Without flinching, my heart serves as sustenance.
I have neither blood nor lung that not be consumed by it,
But different and all of the common flame,
Even though I touch you, it does not move your soul,
And nothing in you can be lit.

***

Welch‘ Hilfe muss ich noch erwarten meiner Pein,
Wenn nicht durch den Tod, der mir ist gewiss.
Da doch meine langen Seufzer, meine Treue‘ und meine Freundschaft,
Die Glut mein‘s Herzens, die Furcht auf meinem Antlitz
Nicht erweichen können Euer störrisch‘ Herz,
Sich von auch nur einer Gest‘ des Mitleids rühren zu lassen?

Oh, wie das Liebesfeuer seltsam ist!
Mein Herze dient ihm voll & ganz als Speise.
Blut und Lunge all werden so verzehrt.
Aber anders ist‘s als die gemeine Flamme,
Auch wenn mein Berühren Euch nicht die Seele rührt,
Und nichts in Euch sich dadurch kann entzünden.

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

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MAIS VOYEZ MON CHER ESMOY (Fabrice-Marin Caiétain)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Edmund Blair Leighton
    
MAIS VOYEZ MON CHER ESMOY

Mais voyez mon cher esmoy,
Voyez combien de merveilles,
Vous parfaites dedans moy,
Par vos beautés nompareilles
Vous parfaites dedans moy
Par vos beautés nompareilles

De telle façon vos yeux,
Votre ris, et vostre grace,
Vostre front et vos cheveus,
Et vostre angelique face.

Me brulent depuis le jour
Que j’en eu la connoissance,
Désirant par grande amour
En avoir la jouissance.

Que sans l’aide de mes pleurs
Dont ma vie est arrosée,
Long temps a que les chaleurs,
D’Amour l’eussent embrasée.

Au contraire vos beaux yeux,
Vostre ris, et vostre grace,
Vostre front et vos cheveus,
Et vostre angelique face.

Me gelent depuis le jour
Que j’en ai eu la connaissance,
Désirant par grande amour
En avoir la jouissance.

***

But see, my dear emotion,
See how many wonders
You bring to perfection in me
Through your matchless beauty

You bring to perfection in me
Through your matchless beauty.
In such a way your eyes,
Your smile and your grace,
Your brow and your hair,
And your angelic face

Have been burning me since the day
I frst knew them,
Wishing passionately
To have the pleasure of them;

So that, without the help of my tears
In which my life is soaked,
Long since the heat
Of Love would have set it ablaze.

On the contrary, your fair eyes,
Your smile and your grace,
Your brow and your hair,
And your angelic face

Have been freezing me since the day
I frst knew them,
Wishing passionately
To have the pleasure of them.

***

Seht nur meine Unruh‘,
Seht die vielen Wunder,
Die vollbrachtet Ihr in mir
Durch Eure Schönheit ohnegleich‘!

So entflammen Eure Äuglein,
Euer Lachen und Eure Anmut,
Eure Stirn und Euer Haar
Und Euer engelhaftes Antlitz

Mich seit dem Tag,
An dem ich sie erblickt‘
Und voll großer Lieb‘
Sie mein eigen nennen möcht‘.

Denn ohn’ die Hilfe meiner Zähren,
Die mein Leben stets benetzen,
Hätte längst die Liebesglut
Es in Brand gesetzt.

Im Widersatz Eure schönen Äuglein,
Euer Lachen und Eure Anmut,
Eure Stirn und Euer Haar
Und Euer engelhaftes Antlitz

Mich gefrieren lassen seit dem Tag
An dem ich sie erblickt‘
Und voll großer Lieb‘
Sie mein eigen nennen möcht‘.

(Fabrice-Marin Caiétain)

 

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J’AYME TROP MIEUX SOUFFRIR LA MORT (Guillaume Costeley)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Edmund Blair Leighton
    
J’AYME TROP MIEUX SOUFFRIR LA MORT

J’ayme trop mieux souffrir la mort,
Puis qu’il faut que pour toy l’endure.
Qu’ain si souvent sentir à tort,
Ne te voyant, peine si dure :
Car tout ainsi que nuit obscure prive un chacun la clairté.
Ainsi, sans toy, ta créature languit en toute obscurité.

***

I much prefer to suffer death,
Since it be necessary to endure it for you.
That, so often wrongly feeling,
Not seeing you, so hard a sentence:
For thus everything that dark night deprives anyone of brightness.
Thus, without you, your creature languishes in total darkness.

***

Ich liebe zu sehr, besser ist der Tod,
Da für dich ich muss ihn leiden.
Den ich so oft gefühlt, doch falsch,
Dich nicht zu seh‘n, welch harte Straf‘!
Denn genau wie dunkle Nacht ein‘ jeden gar nicht sehen macht,
So, ganz ohn‘ dich, dein‘ Kreatur verzehrt im Finstern sich.

(Guillaume Costeley)

 

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