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Poésie

Archive for 1 septembre 2017

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XIV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2017



Illustration: Andrei Protsouk
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XIV)

Tu ouvres la nuit la plus pleine
de la pointe de tes seins.
Tu viens vers moi dans le tournoiement d’une ville
qui ne s’éclaire plus qu’à la clarté du désir.

Je ne saurai jamais la distance à parcourir
entre la lampe sourde de ton ventre et mon corps.
Je sais que je te rejoins dans un baiser
qui ne laisse point passer le jour.

Sous ma main ensablée dans les caresses,
il reste les hauteurs de ta gorge,
vers lesquelles j’avance,
la bouche pleine de soleil.

A force d’avoir mon visage contre ton visage,
j’oublie que le monde commence au-delà de ton regard.
A jeter l’un dans l’autre nos plus sûrs filets,
nous ramenons tous les poissons de la joie.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2017



Illustration: Francis Saint-Géniès
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XIII)

En plein front, en plein flanc,
j’entends les pas que mon sang fait
pour s’avancer de sommet en sommet
jusqu’à celui dont il me faut dominer ton corps.

Je lui en veux de me tenir enfermé
dans un visage avec lequel je reste si seul
lorsque mes épaules n’ont plus le tien à porter –
et que je te cherche en vain dans les miroirs.

C’est pourtant par lui que je t’ai reconnue dans la rue
dans un moment qui reste comme une source en pleine mémoire.
C’est lui qui me permet à chaque instant
de reconnaître ma vérité dans tes yeux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2017



 

Illustration: Francis Saint-Géniès
    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XII)

Si je veux t’aimer sans rien perdre de ta clarté,
je suis contraint de m’enfermer avec toi dans les pierres.
Le jour écarte de temps en temps les rideaux,
tache ton épaule et retombe dans la rue.

Le silence même est fait de minéral
et prend la forme des chambres qui le contiennent.
Pour qu’il n’y entre point, c’est mille armoires
qu’il aurait fallu pousser contre les portes.

Notre nuit est imperméable et nos corps,
se suffisant de l’air contenu dans un baiser,
descendent jusqu’aux racines de l’arbre
qui a nos têtes pour sommet.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2017



 


    
LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (XI)

Tu m’accueilles dans un pays au centre duquel
ton corps se dresse comme un feu de joie,
simplement posé sur la fraîcheur de tes lèvres
au point où l’espace se jette en toi.

Tu es l’impasse vers laquelle j’accours
avec la force des marées,
avec la liberté des moissons
qu’un coup de faux sépare du soleil.

Nous ne parlons pas de l’amour qui nous lie
parce qu’il est entre nous comme une bouteille sur une table
et qu’il court de mes doigts à tes doigts
avec la vitesse de l’éclair.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (X) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2017



    

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (X)

Derrière tes dents, ta chair commence
avec ses aubépines de fièvre et de sang.
Tu sais qu’elle est une prison
dont mon désir te délivre.

La caresse fait son bruit de poumon
en cherchant dans tes cuisses
le papillon qui s’y est posé,
presque fermé en toi de ses ailes.

Avec l’aveuglement d’une taupe,
tu creuses l’air de tes seins.
Autour d’eux mes mains s’élèvent
comme une montagne coupée en deux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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