Arbrealettres

Poésie

Archive for 3 septembre 2017

Rien de neuf (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017




    
rien de neuf

Rien
de
nouveau
sous le soleil
sauf
toi et moi.

(Richard Brautigan)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp et Romain Rabier
Editions: Le Castor Astral

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Petit poisson rouge (Oskar Kokoschka)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017




    
Petit poisson rouge
couleur rouge poisson,
d’un couteau à triple lame
je te poignarde,
de mes doigts je te déchire en deux
afin de mettre fin
à ton tournoiement silencieux.

Petit poisson rouge
couleur rouge poisson
Mon petit couteau est rouge
Dans l’assiette voilà que tombe
Un petit poisson mort.

***

Red fishling
fishling red
with a triple-bladed
knife I stab you dead
with my fingers rend you in two
that there will be an end
to this soundless circling.

Red fishling
fishling red
My little knife is red
In the dish there falls a
Fishling dead.

(Oskar Kokoschka)

Traduction: My dear daughter 🙂

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C’est la fameuse Ronde de Nuit (Patrice Dimpre)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Rembrandt
    
C’est la fameuse Ronde de Nuit.
La petite fille a pris toute la lumière.
Il n’en reste plus pour les autres.
Fâchés, les autres.
De mauvaise humeur, les autres.
Ils noircissent le tableau.

(Patrice Dimpre)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

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Le cœur hanté (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Mark Kostabi
    
Le cœur hanté

La plus grande tragédie de la vie
est le cœur hanté. Là où
préside un amour immense. Un amour
qui ne peut être résolu,
qui ne peut trouver la signification d’un baiser,
la paix d’une étreinte.

Toujours il y a un homme qui aime une femme
qui ne l’aime pas.

Les volets du cœur hanté claquent, le parquet
grince, des pleurs proviennent d’une chambre noire.

(Richard Brautigan)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp et Romain Rabier
Editions: Le Castor Astral

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LES DIMENSIONS DU JOUR (IX) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017




    
LES DIMENSIONS DU JOUR (IX)

Du soleil il ne demeure que quelques étoiles
qui tournent lentement avec le ciel
et le jour pour lequel l’univers n’était pas assez grand
se laisse capturer dans les lampes.

De toi je ne discerne plus qu’une épaule
comme un couchant au bord du drap,
qu’une tempe où, telle une source,
le sang fait remuer ses herbes les plus hautes.

Mais tes yeux fermés sont les bourgeons
d’où va surgir demain toute la forêt
et la voix que tu gardes, posée sur tes lèvres,
donnera, en me nommant, un nom au silence.

La nuit continue à marcher de son pas de géant
sur chaque semence de la terre,
sur ta gorge vissée à fond dans mes mains,
sur le rêve où nous allons nous rencontrer.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES DIMENSIONS DU JOUR (VIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



 

Illustration: Paul Delvaux
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (VIII)

Dans les trains que les gares tirent
à bout portant sur la nuit,
dans la chambre où nous nous brûlons
au plomb fondu de l’amour,

dans la rue où tu passais tout à l’heure
en faisant descendre le ciel jusqu’à toi,
dans les mains qui ne peuvent déchirer
les dernières affiches du plus beau des couchants,

dans l’espace qu’on voudrait tirer à soi
pour le contraindre à s’ancrer quelque part,
dans les paroles lancées comme des amarres
qu’autour de nous rien ne peut retenir,

il y a toujours le même miroir où la vie regarde
sans savoir pourquoi les pas qu’elle entend décroître
sont ceux d’un être qui n’existe plus
que par les gestes que lui permet ton amour.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES DIMENSIONS DU JOUR (VII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (VII)

Je m’éclaire longuement avec l’or
que je trouve au fond d’une étreinte.
Enhardis par tant de lumière,
nous dénoyautons le soleil dans un baiser.

La ville voudrait que le ciel parte de ses murs,
la ville voudrait aller au-devant des chemins,
qui s’arrêtent dans les champs de céréales
mais elle reste enfoncée dans le sol comme un tiroir.

A force de rejeter les objets dans leur passé,
je n’ai plus, comme point d’appui, que ta bouche
et nos visages sont si près l’un de l’autre
que tes yeux se ferment presque avec mes paupières.

Une lampe suffira pour marquer la place
où le jour s’est ouvert le front.
De loin dans la nuit on verra s’élever
son grand buisson d’orties blanches.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES DIMENSIONS DU JOUR (VI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017




    
LES DIMENSIONS DU JOUR (VI)

Le soleil avant de se coucher dans les carreaux
atteint sur la table la lame d’un couteau.
Les autres objets sont là, autour de lui,
à attendre la lueur qui va les faire respirer.

Le soleil se retire des champs
après avoir brisé ses lampes dans les ruisseaux.
Pour les garder longtemps au-dessus du monde
les immeubles se font hauts comme des falaises.

C’est l’heure où l’on marche sur la terre
comme sur une passerelle,
où sans te reconnaître tu te regardes dans les vitrines
que rien ne peut tout à fait éteindre.

C’est l’heure où les pierres s’endorment au fond des vallées
tranquilles comme des bateaux amarrés,
où je peux fermer les yeux jusqu’au matin
sans qu’en moi l’ombre monte autour de ton souvenir.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES DIMENSIONS DU JOUR (V) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Koloman Moser
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (V)

Sur ton corps lisse de caillou
mes mains vont, forêts en liberté,
comme vers des sommets d’où je retombe,
source altérée de soleil.

Ton coeur est si proche de mon coeur
que nos artères se mêlent les unes aux autres
et ne retrouvent plus à nos fronts qu’une seule tempe
pour faire battre l’espace.

Bateau venu de la haute mer,
je vais très loin au fond de tes plages
et je me renverse dans les fougères
qui naissent de ton corps entr’ouvert.

Lorsque nous n’avons plus pour respirer
que l’air écrasé dans nos baisers,
le jour qui nous sépare a beau faire,
il n’arrive pas à être aussi nu que toi.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES DIMENSIONS DU JOUR (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (IV)

Chaque jour à la même heure
tu t’abreuves longuement aux vitrines.
Tu peux garder tout le soleil sur tes seins
et il peut toucher tes dents comme un fruit.

Tu es pour mes sens le seul objet
sur lequel ils s’exercent complètement.
C’est contre toi que ma caresse devient tranchante
et que mon corps recouvre ses vraies dimensions.

Tu peux ensoleiller toute une chambre
avec la seule clarté qui bat sur ton ventre
au moment où plus rien ne te relie à la terre
qu’un baiser, qu’une étreinte, qu’un regard.

Pour te dépouiller de ta nudité,
pour que le plaisir te traverse dans toute ta longueur,
il faut mettre à jour les diamants que tu as sous la peau
et les tailler jusqu’à ce que le matin en jaillisse.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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