Arbrealettres

Poésie

LES DIMENSIONS DU JOUR (IV) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
LES DIMENSIONS DU JOUR (IV)

Chaque jour à la même heure
tu t’abreuves longuement aux vitrines.
Tu peux garder tout le soleil sur tes seins
et il peut toucher tes dents comme un fruit.

Tu es pour mes sens le seul objet
sur lequel ils s’exercent complètement.
C’est contre toi que ma caresse devient tranchante
et que mon corps recouvre ses vraies dimensions.

Tu peux ensoleiller toute une chambre
avec la seule clarté qui bat sur ton ventre
au moment où plus rien ne te relie à la terre
qu’un baiser, qu’une étreinte, qu’un regard.

Pour te dépouiller de ta nudité,
pour que le plaisir te traverse dans toute ta longueur,
il faut mettre à jour les diamants que tu as sous la peau
et les tailler jusqu’à ce que le matin en jaillisse.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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