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Poésie

Archive for 11 septembre 2017

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (X)

Enfermé dans un horizon sans altitude,
je n’ai devant moi que chemins en fuite
vers un lointain de plus en plus illisible,
de plus en plus tourné sur ton absence.

J’attends en vain que vienne à ma rencontre
un arbre qui marcherait sur ses racines,
mais c’est à peine s’il me fait signe
en remuant un bras d’où quelques feuilles tombent.

Les fleurs sourient d’une façon si banale
qu’il me tarde quand je reviens à la nature
de la quitter pour la ville où je suis sûr
qu’un seul de tes baisers me bouleversera jusqu’à la moelle.

Il reste les couchants dont je ne puis me déprendre
parce qu’ils ont brillé au-dessus de mon enfance
comme mille mains levées sur un navire en partance
pour un pays que tu es seule à savoir me rendre.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (IX) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



 

Illustration: Serge Marshennikov
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (IX)

Le jour commence à reconnaître les fenêtres
avant de s’avancer sur la terre
dans les tessons de la rosée,
parmi les cailloux qui veulent te voir, nue.

Dans la chambre où tu dors,
il trace une presqu’île de clarté,
haute seulement de ta gorge dénudée
et d’un visage d’où tu dois éclore.

Le soleil passe à travers ta lingerie
comme si elle était le plus pur des nuages.
Il y demeure jusqu’au moment
où elle reprendra la forme de ton corps.

Tu attends qu’il se couche sur toi
pour le serrer contre ton ventre
et, lorsque tu lui en ouvres les bords,
il devient bleu dans tes yeux.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VIII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VIII)

Le soleil est dans les pierres
comme une statue renversée.
L’ombre est dans les arbres
comme une main coupée.

Les villages sont blancs
dans le cercle bleu de l’été.
Les insectes qui poursuivent le jour
se tuent dans les vitres.

Tu es seule à savoir faire rire les cailloux
qui glissent sous la verdure comme des poissons
et les ruisseaux essaient en vain
de voir au travers de la terre.

Nous nous arrêtons dans les moissons
et l’univers s’arrête en même temps que nous.
Nous sommes sûrs qu’aucun chemin n’a pu nous suivre,
que la mort même a perdu notre trace.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Annie Predal
    

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VII)

Adossé à l’ombre comme à un contrefort,
je vois les maisons se noyer dans les fenêtres
et la plaine recommence à faire tourner son disque
entre les bords enfin visibles de l’horizon.

Les paysages sont figés dans la verdure,
loin des villes que je ne peux quitter
parce que mes pas sont inscrits d’avance
dans toutes les rues où ma statue bouge.

Ton regard, trop grand pour l’espace,
fait de moi un être
à la recherche d’un chemin
qui ne va point au-delà de ton corps.

Tu es la seule chose
que je puisse tenir contre moi
et tes yeux d’amour sont uniques
comme le plus beau des couchants de mon enfance.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VI) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Richard Mauch
    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VI)

Loin des villages caillés, loin des routes
qui courent voir le soleil se lever sur les usines,
nous descendons dans l’été
comme au fond d’une cloche sous-marine.

Avec le coeur remonté jusqu’à la mort,
nous laissons le ciel se souder à nos yeux.
Je tiens ton visage dans ma main ouverte
comme s’il était ma seule richesse.

Ton regard, lourd de cils, est si mince et si long
qu’il est facile à ma vie d’en faire son horizon.
Avec tout le poids de l’espace sur la nuque,
tu viens, d’un seul baiser, te délivrer sur ma bouche.

Il nous faudra des années
pour revoir l’oiseau de clarté
qui se jetait chaque matin dans la vitre
et qu’on retrouvait, tué, le soir en plein miroir.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (III) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (III)

Entre le monde et la nuit
il y a l’épaisseur d’un carreau
à travers lequel la lumière va surgir
pour se jeter dans celle de tes yeux.

Au ras du sol, les feuilles se lissent
pour recevoir le soleil
qui passera de l’une à l’autre
en allumant le brasier de la rosée.

Tes paupières battent comme les sources
dont le matin veut éveiller la terre,
les oiseaux s’immobilisent un instant
pour mieux sentir la rondeur de la clarté.

Et c’est le jour porté de colline en colline,
renversé dans les lits de la verdure,
c’est le jour éperdu de joie
dès qu’il reconnaît tes seins.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (II) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



 


    
LES POUVOIRS DE L’AMOUR (II)

La chambre qui ne cesse le jour de s’étendre
à la faveur de continents mal démasqués
ne va plus maintenant au-delà des murs
dans lesquels elle est prise comme un front.

La terre s’arrête un moment de tourner,
prise entre les genoux des grands fleuves,
emmêlée dans les vols d’oiseaux
qu’elle organise de village à village.

De mon coeur, exerçant son métier de vivant,
s’élève un feu qui ne sait brûler qu’en toi
mais nous n’en voyons que l’étincelle
dont tes tempes s’allument et s’éteignent.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Questions rôdant (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Gao Xingjian
    
Questions rôdant par la pénombre
présences latérales
dedans vraiment qu’attendons-nous

(Serge Sautreau)

 

Recueil: Abalochas
Editions: Pierre Bordas et fils

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Aux tables (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017




    
Aux tables le temps prend
comme un givre

(Serge Sautreau)

 

Recueil: Abalochas
Editions: Pierre Bordas et fils

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Rougeur des matinaux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Rougeur des matinaux

Quand on a mission d’éveiller,
on commence par faire sa toilette
dans la rivière.
Le premier enchantement
comme le premier saisissement
sont pour soi.

(René Char)


Illustration

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