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Poésie

Archive for 13 septembre 2017

Tristesse aux flots de pierre (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Tristesse aux flots de pierre

Des lames poignardent des lames
Des vitres cassent des vitres
Des lampes éteignent des lampes

Tant de liens brisés.

La flèche et la blessure
L’oeil et la lumière
L’ascension et la tête.

Invisible dans le silence.

(Paul Eluard)


Illustration

 

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Jours sans ombres (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



odalis
Jours sans ombres
Ses seins ses yeux ses mains ensemble
Unissent les jours les plus beaux.

(Paul Eluard)

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MARINES (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



MARINES

I

Je me suis pris à caresser
La mer qui hume les orages

II

Ma bouche au ras des flots buveuse de paroles
Prenant l’or au soleil sur un chemin d’or chaud
Comme foule pressée entraînée exaltée
Les vagues les étés dans cet arbre ajouré
Dans cet arbre accessible aux couleurs et aux hommes
Leur azur leur ciel pur le mélange des eaux
Leur dentelle et la flamme du matin désert
Deux vallées trois sommets s’unissent font la chaîne
L’océan qui me mène a le destin du ciel
Et la vague initiale amenuise un nuage.

III

Miroir ouvert sur ces oiseaux uniques
Qui tremblent d’aise à chaque goutte d’eau.

IV

L’herbe grande d’océan
Sur les sables assoupis

La fleur de fille marine
Les astres vierges en fête
Midi blanc dans les fonds noirs
Et dans le filet l’hiver

L’injure jetée au vent À la vague du tombeau.

Tout au plus un navire
Tout au plus un navire à demi englouti
Comme un poignard dans sa blessure
Connaît encore l’ombre

Tout au plus un radeau
La mort simple
Et la mer est plus vide qu’un ivrogne pauvre.

VI

Dernière vague ivresse de vieillard
Les solubles coteaux et la lune risible
N’ont trouvé dans mon cœur qu’un espace restreint
Et la mer dans le ciel n’est qu’une goutte d’eau.

VII

C’est la pierre pâle au front des plus forts
Sous la terre humide et les feuilles mortes
Tous feux éteints dans les régions de l’ignorance

Sous les ongles de la rouille

Nous ne savons rien de la terre
L’homme n’a pas besoin de nous
Son ciel n’est plus le nôtre

Tout nous paraît immobile
L’oeil et le coeur de nos semblables
La lumière et ses géants
La profondeur et ses nains
La mort sans corps capitale

Le scandale de la tempête

Sauvés que notre poids s’élève
Comme la source à son premier éclair
Que notre forme soit sereine

La nuit se baigne dans les puits

Le risque de mourir s’annule
Comme deux des chiffres zéro
Une mousse de bluets
A blanchi jusqu’à la corde
La grand’voile de couleur.

(Paul Eluard)

Illustration: Tina Palmer

 

 

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Si (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


eclair

Si nous habitons un éclair,
il est le cœur de l’éternel.

(René Char)

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Le poème (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Anne-Francois-LouisJanmot-ThePoe-7

Le poème est l’amour réalisé
du désir
demeuré désir

(René Char)

Illustration: Anne-François Louis Janmot

 

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On ne peut me connaître (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


On ne peut me connaître
Mieux que tu me connais

Tes yeux dans lesquels nous dormons
Tous les deux
Ont fait place à mes lumières d’hommes
Un sort meilleur qu’aux nuits du monde

Tes yeux dans lesquels je voyage
Ont donné aux gestes des routes
Un sens détaché de la terre

Dans tes yeux ceux qui nous révèlent
Notre solitude infinie
Ne sont plus ce qu’ils croyaient être

On ne peut me connaître
Mieux que je te connais.

(Paul Eluard)

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Au premier mot limpide (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


Nu-de-profil-Malinowsky0

Au premier mot limpide au premier rire de ta chair
La route épaisse disparaît
Tout recommence

La fleur timide la fleur sans air du ciel nocturne
Des mains voilées de maladresse
Des mains d’enfant

Des yeux levés sur ton visage et c’est le jour sur terre
La première jeunesse close
Le seul plaisir

Foyer de terre foyer d’odeurs et de rosée
Sans âge sans raisons sans liens

L’oubli sans ombre.

(Paul Eluard)

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Proportions (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017


Arbre_solitaire_au_Tennessee

Si le ciel vide s’agrandissait
Cet arbre solitaire
Disparaîtrait.

(Paul Eluard)

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Fantôme de ta nudité (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Fantôme de ta nudité
Fantôme enfant de ta simplicité
Dompteur puéril sommeil charnel
De libertés imaginaires.

(Paul Eluard)

Illustration: Gianni Strino

 

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L’heure exacte (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



 

Valentine Hugo

L’heure exacte
A Valentine Hugo.

L’heure exacte marque la rage
Aux dents de singe
Vingt-quatre couchera de soleil
Sur un horizon ridicule
Vingt-quatre couchers de province
Aux joues exquises
Ont fini de délibérer

Et mille lieues de fuite à débrider
Rayon maigre innocent
Et la spirale de lanières qui s’écroule
Au seuil des plaies au seuil du baume

Mal funèbre mal d’encre
Caché par des doigts purs
La glaise de l’automne alourdit le feuillage
Le cheval arrivé ne dépassera pas
La corde pour se pendre
L’horloge enfarinée dit l’heure du départ
Mais elle est arrêtée.

(Paul Eluard)

Illustration: Valentine Hugo

 

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