Arbrealettres

Poésie

Archive for 22 septembre 2017

Je me tais, j’attends, je déchiffre (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Je me tais, j’attends, je déchiffre.
Les choses peut-être s’améliorent.
Elles sont si solides les choses!
Mais je ne suis pas les choses et me révolte.
J’ai des mots en moi cherchant une issue,
qui sont rauques et durs,
irrités, énergiques,
contenus depuis si longtemps,
à en avoir perdu le sens, à ne vouloir qu’exploser.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration: Katerina Belkina

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La vallée blanche (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



La vallée blanche

Peu de chose à voir dans cette vallée
quelques lignes, beaucoup de blanc
c’est une fin de monde, ou bien un commencement
peut-être le retrait des glaces du quaternaire
jusqu’à présent
nulle vie, nul bruit de vie
pas même un oiseau, pas même un lièvre
rien
que le vagissement du vent
pourtant l’esprit se meut ici à l’aise
avance dans le vide
respire
et ligne après ligne
quelque chose comme un univers
se dessine
sans trop vouloir nommer
sans briser l’immensité du silence
discrètement, secrètement
quelqu’un dit
je suis ici
ici, je commence

(Kenneth White)

Découvert chez Lara ici

Illustration

 

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Un secours est promis (Sigurður Pálsson)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



 

Un secours est promis
du poème de sa facture
de la facture des chemins de poésie

(Sigurður Pálsson)

Illustration: Alain Gagnon

Découvert ici chez pupilles d’encre

 

 

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Legs (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Legs

Je ne laisserai de moi aucun hymne radieux,
aucune voix matinale palpitant dans la brume
qu’une secrète épine puisse arracher à quelqu’un.

De tout ce qu’aura pu être mon pas capricieux
à travers la vie, restera, car le reste s’estompe
une pierre qu’il y avait au milieu du chemin.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Ce soir (Rita Regina Florit)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Ce soir

D’oubli éphémère est ce soir.
Il me narre l’histoire que j’ai perdue.
La pluie est lasse comme cette main,
retournée immobile sur la page blanche.
Vertige qui oppresse, et stridence, comme
un grincement de dents, stridence, corde
qui sublimement vague, ce soir désaccordée,
avec l’harmonie du Tout…

(Rita Regina Florit)


Illustration: Branko Bahunek

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Déplacement (Geneviève Pastre)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Déplacement

Ne faites pas une seule chose à la fois
Le soleil n’entre-t-il pas par deux côtés en même temps
Et la lumière ne revient-elle pas du fond du miroir
comme du fond d’un tableau flamand?

Toi aussi traverse intensément le connu

(Geneviève Pastre)


Illustration

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Dans la tiédeur des noyers (Francis Tessa)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Dans la tiédeur des noyers tout est clos par le midi d’été.
Battent seulement les poitrines, touches dispersées en silence

(Francis Tessa)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Gardien de Phare (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Gardien de Phare

Quand j’étais seul dans mon île
J’allais sur la plage.

Il y avait un repli
D’où je n’entendais qu’à peine
La clameur du flot.

Je m’y couchais à plat ventre
Et j’isolais sur le sable
Un petit caillou veiné.

Le contemplant de tout près,
Je l’aimais comme un visage;
Il devenait mon trésor
Et mon compagnon.

Je partageais avec lui
Un abri fait de mes mains
Et je nous sentais tous deux
Moins perdus dans l’Univers
Et moins accablés.

J’essayais de lui parler,
Je disais mon nom tout bas,
Mais aussitôt ce caillou
Ne m’était plus rien
Et ma voix m’épouvantait
Comme une étrangère.

Alors, me levant d’un bond,
J’allais galoper longtemps
Au bord de l’écume.

Pour occuper plus d’espace,
Pour multiplier mon âme
Sur ce monde aveugle,
Comme on fait d’un tison rouge
Dont on griffe les ténèbres.

Puis je m’arrêtais, soufflant
Et traçais, en grandes lettres,
Sur le sable lisse et frais,
Des mots sans suite, des mots!

Et quand je les regardais
Ils se mettaient à parler
D’une voix puissante et claire
Qui dominait l’Océan,
Qui s’étalait sur le ciel
Et me remplissait d’échos.

(Charles Vildrac)

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C’est dans le bois de noisetiers (Jean-Hugues Malineau)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



C’est dans le bois de noisetiers
que la pluie
chante le mieux.

(Jean-Hugues Malineau)

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Le jour jaillit de l’Eau (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Le jour jaillit de l’Eau

La fontaine de l’Aurore
fait naître le soleil.
L’eau est toute or
de ce mot blond.
La fontaine de l’Aurore,
dans l’iridescence tremblante,
bien plus qu’un trésor
est un prisme sonore,
carillon étouffé
dans le tliz cliz de l’écume,
choc aérien
subit
sur la pierre lisse,
froid jaillissement,
elle tisse musicalement
la dorée nivéenne rose
parure du jour liquide.
Laisse couler l’aurore
elle est une si pauvre
fontaine pour le peuple.

(Carlos Drummond de Andrade)

Illustration: Anne-Louis Girodet de Roussy Trioson.jpg

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