Arbrealettres

Poésie

Archive for 23 septembre 2017

la vie est un sas clair (Louis Aldebert)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017


Van-Gogh

la vie est un sas clair
aux cloisons mal étanches
que des courants obscurs
pénètrent insidieux
et l’osmose du temps
tache la page bleue
jusqu’à la nuit
régnant où le poème penche
ténèbres battantes
cavernes de survie
la terreur
unique structure
pour l’attente
et ce rythme fragile
d’aile
de cil
de gel

(Louis Aldebert)

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TROP DE MORTS ET DE MAL (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



TROP DE MORTS ET DE MAL

C’est un parc aux pigeons
Et vous le croyez doux
Pensez donc!

C’est la grille d’enfer
Pour votre serviteur
songez-y!

Le parc ne lui fait peur
Mais quelques souvenirs
A haïr

Ainsi sommes-nous
Des deux côtés de cette grille
De belle herbe fraîche
Et d’arbres aérés

Vous dites que c’est doux
Que n’y suis-je!
Tandis que j’y frémis
Ah ! Dieu oui !
Car moi je ne m’en tire
Que rompu et roussi

Trop de morts et de mal
Et une nuit trop longue
Pour trop de cruauté
Et nos coeurs trop longtemps serrés
Et presque sans souffler
Trop de notre vie passé dans la terreur et dans la guerre

Jusqu’à nous avoir changés de nature
Et accablés de notre péché la fatigue
Comment décharger nos mémoires
Et les laver des fours et des gibets et de l’outrage ?

Comment revivre ?
Comment des graines dans la cendre
Dans notre âme mortelle nourrie de sable
Trop longtemps bue par le désert ?
Comment revivre ?
Comment des branches vertes
Dans le charbon des arbres calcinés ?
Il faudrait un printemps plus fort
Pour nous reprendre tout à fait
I1 faudrait nous refaire
Au lieu de ces ravines de ces fentes
Dont nous sommes en nous
Tout blanchis et ouverts

Désarmée
Attardée
En tendresse
En détresse
O ma soeur profonde
Que je te reconnais
Nous portons même cendre
Dans un pauvre sachet
Nous avons même soif
Humble et très en peine
De rejaillir et de trembler
De toutes ces fleurs du soleil
Où nos yeux ont recommencé

Vent de la vie au crin puissant
Viens attaquer
Pour en tirer
Les accents et les cris d’une pleine musique
Ces deux violons penchés
Bons pêcheurs ces filets
Allez les replonger
Dans les eaux ruisselantes

(Pierre Morhange)

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Ultime chant (Gemma Tremblay)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Ultime chant

Comment m’orienter, mes cris étouffent
de mille pieds de neige à déplacer.

(Gemma Tremblay)

 

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Sur un mur aveugle (Grégoire Lacroix)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



 

Sur un mur aveugle,
le poète non seulement dessine des portes
mais en plus les ouvre !

(Grégoire Lacroix)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration

 

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Tu connaissais l’été à son odeur (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Tu connaissais l’été à son odeur,
le silence très ancien
du mur, l’ardeur des cigales,
tu inventais la lumière acidulée
tombant à pic, l’ombre brève
où le gamin s’est endormi,
le brillant des épaules.
C’est ce qui t’aveugle, le soleil de la peau.

***

Conhecias o verão pelo cheiro,
o silêncio antiquíssimo
do muro, o furor das cigarras,
inventavas a luz acidulada
a prumo, a sombra breve
onde o rapazito adormecera,
o brilho das espáduas.
E o que te cega, o sol da pele.

(Eugénio de Andrade)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Charles J. Dwyer Jr

 

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Je suis un enfant de Septembre (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Je suis un enfant de Septembre,
Moi-même, par le coeur, la fièvre et l’esprit,
Et la brûlante volupté de tous mes membres,
Et le désir que j’ai de courir dans la nuit
Sauvage, ayant quitté l’étouffement des chambres.

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: François-Joseph Durand

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Je déchire le papier (Jacques Bussy)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Je déchire le papier
Ah!
le bruit du papier

(Jacques Bussy)

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Evocation (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Evocation

A l’ombre de l’usine, ton jardin
était tout petit, sans fleurs.
Des plantes y naissaient et renaissaient
pour n’être pas regardées.

De vagues projets d’existence
s’exhalaient du soleil et de l’eau,
et même de cette sécrétion
qui dans tes yeux se retenait.

Nul ne t’a vue lorsque, courbée,
tu écartais l’escargot
du chemin étroit des fourmis,
nul même n’a entendu ton appel.

Car tu as appelé (il était tard déjà)
et la voix de l’usine a amorti
ta fugue pour le sans-pays
et le sans-temps. Mais je me souviens de toi

et je te rattrape vivante, petite fille,
concevant si tôt le projet de ce jardin
où, je le sais, tu te trouves recluse,
sans que nul, nul ne te pressente.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Quand je te vis (Andrée Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Quand je te vis, je sus, qu’engourdi du voyage
Tu n’étais, Bien-Aimé, pas encor revenu.
Tu rapportais chez nous ton poids de paysages
Et pailletés de froid, des objets saugrenus.

Mais où était resté cet amant sans raison,
Celui qui seul gémit, la nuit, sous les délices?
Mes doigts suivaient encor des courbes d’horizon
Sur ton front détourné et sur ta lèvre triste.

Tu ramenais sur toi l’odeur de l’étrangère,
Des songes entêtés te faisaient les yeux las.
Mon âme est bien rangée en la vie coutumière,
Et mes pas mesurés te blessaient comme un glas.

Ensemble nous pleurions sur ton désir perdu,
Et mon corps quelquefois plaisait à ton malheur.
Tu caressais ton rêve, au hasard d’un sein nu,
Sur ma bouche, le soir, tu te mordais le cœur.

(Andrée Sodenkamp)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Arthur Hughes

 

 

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Le silence ensuite (Francis Tessa)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



 

Le silence ensuite où les bruits se meurent sur l’ombre des persiennes.
Ainsi l’on se déchausse dans l’attente que l’infini pénètre

(Francis Tessa)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

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