Arbrealettres

Poésie

Quand je te vis (Andrée Sodenkamp)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2017



Quand je te vis, je sus, qu’engourdi du voyage
Tu n’étais, Bien-Aimé, pas encor revenu.
Tu rapportais chez nous ton poids de paysages
Et pailletés de froid, des objets saugrenus.

Mais où était resté cet amant sans raison,
Celui qui seul gémit, la nuit, sous les délices?
Mes doigts suivaient encor des courbes d’horizon
Sur ton front détourné et sur ta lèvre triste.

Tu ramenais sur toi l’odeur de l’étrangère,
Des songes entêtés te faisaient les yeux las.
Mon âme est bien rangée en la vie coutumière,
Et mes pas mesurés te blessaient comme un glas.

Ensemble nous pleurions sur ton désir perdu,
Et mon corps quelquefois plaisait à ton malheur.
Tu caressais ton rêve, au hasard d’un sein nu,
Sur ma bouche, le soir, tu te mordais le cœur.

(Andrée Sodenkamp)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Arthur Hughes

 

 

2 Réponses to “Quand je te vis (Andrée Sodenkamp)”

  1. mizouila71 said

    Merci pour la découverte. Je ne connaissais pas cette poétesse pleine de talent. J’ai lu qu’elle avait été révélée par son compatriote Maurice Carême. Les poèmes que tu as présentés sont remplis de nostalgie et de tristesse..

    • arbrealettres said

      Pas tous!! Mais bon c’est souvent plus facile de mettre en mots le mal de vivre que le bonheur de vivre!
      Je vais remettre des Haïkus de Richard Wright, c’est plus vivifiant!! 😉

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