Arbrealettres

Poésie

MÊME FÉERIE (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



 

Caspar David Friedrich  cygnes

MÊME FÉERIE

La lune mince verse une lueur sacrée,
Comme une jupe d’un tissu d’argent léger,
Sur les masses de marbre où marche et croit songer
Quelque vierge de perle et de gaze nacrée.

Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Sa main cueille et dispense une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux.

Délicieux désert, solitude pâmée,
Quand le remous de l’eau par la lune lamée
Compte éternellement ses échos de cristal,

Quel coeur pourrait souffrir l’inexorable charme
De la nuit éclatante au firmament fatal,
Sans tirer de soi-même un cri pur comme une arme?

(Paul Valéry)

Illustration: Caspar David Friedrich

 

3 Réponses vers “MÊME FÉERIE (Paul Valéry)”

  1. La vestale, au milieu des amphores sacrées,
    Respire le parfum d’un petit vin léger ;
    Les druides auprès d’elle aiment boire et songer,
    Les yeux dans les reflets de leur coupe nacrée.

    Ils évoquent le Nil entouré de roseaux
    Barrant du Sud au Nord l’Egypte lumineuse,
    Venu, probablement, d’une pente neigeuse
    Si l’on en juge par la froideur de ses eaux.

    Ils parlent de la Lionne, éternelle affamée,
    Du Babouin dont la science est partout acclamée,
    De l’Ibis à l’esprit clair comme du cristal

    Du Scarabée par qui le jour meurt et commence
    À nouveau, franchissant l’inframonde fatal ;
    La vestale est ravie de leur savoir immense.

  2. Vestale de la source limpide
    ——————————-

    L’arme de la vestale est la langue sacrée
    Qui purifie le coeur et rend l’esprit léger ;
    Mais l’arme du démon c’est de toujours songer,
    Songe qui tue le temps, songe qui rien ne crée.

    L’arme de la vestale est la sagesse ancrée
    Dans le goût familier des pommes du verger ;
    Mais l’arme du démon c’est la saveur sucrée
    Dont l’âcreté du vin aime à se corriger.

    Ils combattent devant la foule enthousiasmée,
    Par les cris du public la rixe est acclamée
    Que la vestale entend dans son coeur de cristal.

    L’arme de la vestale est la vie qui commence
    Et l’arme du démon c’est le décès fatal ;
    Incertaine est l’issue de cette lutte immense.

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