Arbrealettres

Poésie

BELLE QUI M’AVEZ BLESSÉ (Pierre Guédron)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2017



Illustration: Anne-Marie Zilberman
    
BELLE QUI M’AVEZ BLESSÉ

Belle qui m’avez blessé d’un trait si doux,
Helas ! pour – quoy me laissez vous ?
Moy qui languis d’un cruel désespoir
Quand je suis sans vous voir.

Las ! vous emportez en ce triste départ
De mon cœur la meilleure part,
Et vous laissez l’autre en proye aux douleurs
Aux soupirs et aux pleurs.

Ou me rendez l’une, ou belle par pitié
Ne laissez pas l’autre moytié :
On bien donnez d’un pitoyable effort
A toutes deux la mort.

Le ciel se troublant et changeant de couleur
M’assiste à plaindre mon malheur,
Et de ses eaux mon deuil accompagnant,
Ces déserts va baignant.

Si de mes ennuis que je ne puis cacher
Quelque regret vous peut toucher,
Consolez-moy belle d’un doux espoir
De bien tost vous revoir.

***

Fair lady who had wounded me with so sweet an arrow,
Alas! why are you leaving me?
I who languish in cruel despair
When I do not see you.

Alas! In this sad departure you carry away
The best part of my heart
And leave the other in the grip of suffering
With sighs and tears.

Either give me back one half or, my beauty,
For pity’s sake, do not leave the other:
Or else, with a pitiful effort,
Give death to both.

The sky, becoming cloudy and changing colour,
Helps me lament my misfortune,
And with its waters accompanying my mourning,
Bathes these deserts.

If, of my worries, which I cannot hide,
Some regret might touch you,
Console me, fair lady, with the sweet hope
Of seeing you again soon.

***

Ihr Schöne, die so zart verletzt‘t mich,
Ach! Warum verlasst ihr mich?
Ich, der ich mich gar verzehre vor grausamer Verzweiflung,
Wenn ich kann nicht Euch seh‘n.

Ach weh, bei Eurem tristen Abschied
Mein bestes Herz Ihr mit Euch nehmt,
Und übereignet so den andren der Qual,
Den Seufzern und dem Tränental.

So gebet mir entweder die eine oder, meine Schönste, aus Mitleide
Lasset nicht die andre Hälfte.
Oder aber mit erbarmender Bemühung
Gebt beiden dann den Tod!

Der Himmel in sein‘ Verwirrung und Wechsel der Couleur
Mir hilft beklagen also mein eigenes Malheur,
Und mit seinen Wassern begleitet meinen Kummer
Und auch dies Elend er benetzt.

Wenn von mein‘ Nöten, die ich nicht kann verhehlen,
Bedauern Euch mag doch berühr‘n,
Dann, Schönste, tröstet mich gar sanfte mit Hoffnung
Auf ein zeitig‘ Wiederseh‘n.

(Pierre Guédron)

 

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