Arbrealettres

Poésie

La pierre noire (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



La pierre noire

Bouche brûlée il faut nommer l’aurore
Oreille morte il faut l’écouter battre
Sans mains, sans mains il faut coucher ses morts
Et sans regard prendre le feu de l’âtre
Et sans douleur s’y rebrûler encore.

Je ne suis rien que cette pierre noire
Qui reconnaît tous les pas qui la foulent
Je sais la vie et la mort des étoiles
Et l’univers qui change quand je roule
Il n’est ici d’autre douceur à croire
Qu’un pas de fille ou de chèvre ou de louve
Et m’endormir au grand calme des soirs.

Étais-je un poing serré sur ma douleur
Un serpent froid lové sur sa planète
Pour endormir les oiseaux et les fleurs
J’ai dû trouver le rythme de l’eau claire
Et pour revivre au fond de ces demeures
Prendre mon vol au souffle de la terre.

J’ai tout serré dans ma rondeur de mère
Tout le soleil tente d’user mon coeur
Je reste aux yeux immobiles des ères
Seule à rouler noire la pierre noire.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

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