Arbrealettres

Poésie

Archive for 4 octobre 2017

DÉCLIN (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration
    
DÉCLIN

Par delà l’étang pâle
Les oiseaux sauvages ont fui.
Le soir un vent glacé souffle de nos étoiles.

Sur nos tombeaux se penche
Le front brisé de la nuit.
Une barque d’argent nous berce sous les chênes.

Sans trêve tintent les murs blancs de la cité.
Sous les arceaux d’épines, ô mon frère,
Nous grimpons aiguilles aveugles vers minuit.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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L’art (Herman Melville)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Eugène Delacroix
    
L’art

En des moments sereins, heureux, nous rêvons
A nombre de beaux projets inincarnés.
Mais pour donner forme, créer de la vie qui palpite,
Que de choses dissemblables doivent se rencontrer et s’unir
Flamme pour fondre — vent pour geler ;
Patience affligée — énergies joyeuses ;
Humilité — mais orgueil et dédain ;
Intuition et savoir — amour et haine ;
Insolence — respect. Tout cela doit s’unir
Et se fondre avec le coeur mystique de Jacob,
Pour lutter contre l’ange — l’art.

(Herman Melville)

 

Recueil: L’Oeil du Poète Herman Melville
Traduction: Christophe Marchand-Kiss et Charles Cestre
Editions: Textuel

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Qui est cette sirène ? (Herman Melville)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration
   
Ronds et pleins sont ses bras, lissés par la rosée,
Suave abri contre tous les maux de Mardi.
« Les bras de qui ? » demande Mohi.
Plongeant dans les profondeurs de la mer,
Elle entraîne avec elle un rayon de soleil ;
Une flamme luit dans la mer,
Comme un banc de dauphins.
« Qui est cette sirène ? » dit Mohi.
Son pas léger va sur le sable,
À peine posé, à peine entendu,
Sur la plage,
La plage au sable d’or ;
Et nul n’a jamais vu
Trace de son pied nu.

(Herman Melville)

 

Recueil: L’Oeil du Poète Herman Melville
Traduction: Christophe Marchand-Kiss et Charles Cestre
Editions: Textuel

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Quelle joie (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




   
Quelle joie,
lorsqu’à la perle je fus uni,

Telle une vague, avec le vent,
tout mon être fut dispersé.

Dispersé comme l’éclair, de la mer,
j’ai révélé les secrets,

Puis, comme un nuage vidé,
au bord de l’eau, je me suis couché

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Je suis un rayon du Soleil (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



    

Je suis un rayon du Soleil,
bien que j’erre parmi toutes ces demeures.

Je suis cornaline, or et rubis,
bien que je sois né d’eau et d’argile.

Quelle que soit la perle que tu vois,
cherche-en une autre en elle.

Chaque atome de poussière dit:
« Intérieurement je suis un trésor ».

Chaque joyau te dit:
« Ne te contente pas de ma beauté,car la lumière de ma face
provient de la chandelle de ma réalité intérieure ».

Je me tairai,
car tu ne peux comprendre.

Ne secoue pas la tête,
n’essaie pas de me tromper,
car mon œil discerne l’intelligence

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Nous sommes tous des lions (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Nous sommes tous des lions,
mais sur une bannière :

nous ne bougeons
qu’à cause du vent

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Hier soir j’ai donné à une étoile (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



 

Illustration
    
Hier soir j’ai donné à une étoile un message pour Toi :
« Présente », lui dis-je, « mon hommage à cette beauté de lune ».

Je m’inclinai, et dis : « Apporte cet hommage au Soleil
Qui dore l’ âpre roc de sa brûlure ».

Je dénudai ma poitrine, je lui montrai mes blessures.
« Donne des nouvelles de moi », dis-je, « à cet Aimé qui s’abreuve de mon sang ».

De çà de là me balançai, pour que l’enfant — mon coeur — s’apaise,
— Bercé, l’enfant s’endort dans son berceau —.

Ô toi qui à chaque instant soulages cent déshérités comme moi,
Donne à mon coeur-enfant le lait, délivre-nous de ses pleurs !

La demeure du coeur, de toute éternité, est la cité de l’union.
Combien de temps laisseras-tu dans l’exil ce coeur désolé ?

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Pourquoi, mon coeur (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Pourquoi, mon coeur,
rester captif dans la terre éphémère ?

Envole-toi de ta prison :
tu es un oiseau du monde spirituel.

Tu es un tendre ami,
toujours au delà du voile secret :

Pourquoi faire ta maison
de ce monde périssable ?

Vois ta misère,
et élance-toi !

Quitte Cette prison du monde formel
pour la prairie des Idées !

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Si tu veux être à l’abri de tout mal (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration
    
Si tu veux être à l’abri de tout mal,
ferme tes yeux à tout ce que tu perçois de prime abord,
et regarde au loin.

Vois que toutes les choses non-existantes existent en réalité!
Vois que toutes les choses existantes sont assurément viles.

Vois au moins que quiconque possède l’intelligence
cherche le non-être jour et nuit.

En mendiant, ils cherchent un bienfait qui n’existe pas;
au bazar, ils cherchent un profit qui n’existe pas.

Dans les champs, ils cherchent une récolte qui n’existe pas;
dans les bosquets, ils cherchent un palmier qui n’existe pas.

Dans les écoles, ils cherchent un savoir qui n’existe pas;
dans les monastères,ils cherchent une abstinence qui n’existe pas.

Ils ont jeté les choses existantes derrière eux,
ils sont les chercheurs et les esclaves de choses qui n’existent pas.

Car la mine et le trésor des actes divins
n’est autre que le non-être se manifestant.

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Un matin (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Un matin, une bien-aimée dit à son amant pour le mettre à l’épreuve :
«Ô homme de douleur, qui aimes-tu le plus de moi ou de toi ?»

Il répondit: «J’ai tellement été anéanti en toi,
que je suis rempli de toi de la tête aux pieds!

Rien ne reste de mon propre être, hormis le nom.
Dans mon être, ô ma douce,il n’y a que toi.
J’ai été annihilé comme le vinaigre dans un océan de miel».

De même, une pierre transformée en rubis parfait
se remplit des attributs du soleil.
(…)

Même si elle s’aimait elle-même,
ce serait de l’amour pour le soleil, ô jeune homme.

Même si elle aimait le soleil du plus profond de son âme,
elle serait assurément amoureuse d’elle-même

(Mawlana Rûmî)

 

 

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