Arbrealettres

Poésie

Archive for 11 octobre 2017

Rien ne t’a promis à moi (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



 

 

Rien ne t’a promis à moi : ni la vie, ni Dieu,
Ni un mien pressentiment secret.
Pourquoi, le nuit, devant le sombre seuil,
Hésites-tu ? le bonheur fait-il mal ?

Je ne vais pas sortir, te crier : « Sois l’unique,
Reste avec moi jusqu’à l’heure de la mort ! »
Je ne fais que parler, de ma voix de cygne,
Avec la lune injuste.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Fidèle et éternel (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017


Le cours de notre temps sur la terre est rapide,
Le cercle du destin étroit,
Mais fidèle et éternel
L’ami inconnu du poète.

(Anna Akhmatova)

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Un coeur au coeur (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



Un coeur au coeur n’est pas rivé,
Tu veux partir, va t’en.
Bien du bonheur est dévolu
À qui suit librement sa route.

Je ne pleure pas, ne me plains pas,
Le bonheur ne sera pas pour moi.
Ne m’embrasse pas, fatiguée, —
La mort viendra m’embrasser.

Sont passés les jours des pires tourments
Avec l’hiver blanc.
Mais pourquoi, pourquoi donc es-tu
Mieux que celui de mon choix ?

(Anna Akhmatova)

Illustration: Edvard Munch

 

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En rêve (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



 

En rêve

Je porte en même temps que toi
Cette rupture noire et opiniâtre.
Pourquoi pleures-tu? Donne-moi la main.
Promets-moi plutôt de revenir en rêve.
Pour toi, pour moi (nous sommes deux montagnes),
Pour toi, pour moi, plus de revoir en ce monde.
Tu pourrais simplement, à minuit, m’envoyer
Un message par les étoiles.

(Anna Akhmatova)

 

 

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La porte est entrouverte (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



La porte est entrouverte.
Les tilleuls frémissent…
Oubliés sur la table :
Une cravache, un gant.

La lampe fait un cercle de clarté.
Il y a des bruits que j’entends.
Pourquoi es-tu parti?
Je ne comprends pas.

Demain matin la lumière
Sera pleine de joie.
Cette vie est brève.
Sois sage, mon coeur.

Tu es à bout de force,
Tu bats plus sourdement.
Tu sais, je l’ai lu quelque part:
Les âmes sont immortelles.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Le poète (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



 

Le poète

Tu penses que c’est un travail?
Mais c’est l’insouciance de la vie.
Prendre quelque chose à la musique
Puis, en riant, le donner comme sien,

Loger dans de certains vers
Le joyeux scherzo de quelqu’un,
Jurer que son pauvre coeur
Pleure parmi l’éclat des champs.

Écouter ensuite la forêt,
Les pins, qui semblent se taire,
Jusqu’à ce que partout s’élève
Le rideau épais du brouillard.

Je prends à droite et à gauche
Et même, sans me sentir coupable,
Quelque chose à la vie retorse,
Et tout, au silence de la nuit.

(Anna Akhmatova)

 

 

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Mais j’ai peur parce que bientôt… (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




Après tout ce vent et ce froid,
Il faisait bon se chauffer près du feu.
Je n’ai pas fait attention à mon coeur,
Et on me l’a volé.

La fin du nouvel an se prolonge solennelle,
Roses du nouvel an, vos tiges sont humides.
Dans ma poitrine on ne sent plus
Le tremblement des sauterelles.

On sait bien qui est le voleur.
Je l’ai reconnu à ses yeux.
Mais j’ai peur parce que bientôt… bientôt…
Il va rapporter son butin lui-même.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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POÈMES DE PETERSBOURG (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



POÈMES DE PETERSBOURG

1
Saint-Isaac à nouveau se couvre
D’une parure d’argent fondu.
Le cheval de Pierre le Grand
Se fige, impatient; il menace.

Un vent farouche, qui étouffe,
Emporte les fumées des cheminées…
Ah! le souverain est mécontent
De sa capitale nouvelle.

2
Mon coeur bat d’un rythme égal,
Que me font de longues années!
Nos ombres sont pour toujours
Rue des Galères, sous l’arc.

Sous mes paupières mi-closes
Je le vois, tu es avec moi,
Et ta main tient à jamais
Mon éventail encore fermé.

Parce que nous avons vécu
Ensemble un instant de miracle,
Lorsque sur le Jardin d’été
La lune a ressuscité, rose,
Je n’ai plus besoin d’attentes

Près de cette fenêtre lassante
Ni de rendez-vous ennuyeux.
Ah! L’amour est accompli.
Tu es libre, je suis libre,

Demain est meilleur qu’hier, —
Sur l’eau sombre de la Néva,
Devant le sourire glacé
De l’empereur Pierre le Grand.

(Anna Akhmatova)

 

 

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L’Amour (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017




L’Amour

C’est parfois un serpent magicien,
Lové près de ton cœur.
C’est parfois un pigeon qui roucoule,
Sur la fenêtre blanche.

C’est parfois sous le givre qui brille
La vision d’une fleur.
Mais mène, en secret, à coup sur,
Loin de la joie tranquille.

Il sait pleurer si doucement
Dans la prière du violon,
Il fait peur quand on le devine
Sur des lèvres que jamais on n’avait vues.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Drew Darcy

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La Muse (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



    
La Muse

Comment vivre avec ce fardeau
Qu’on ose encore appeler «Muse»?
On dit: «Tu la rencontres dans les champs…»
On dit: «C’est un balbutiement divin…»
Elle te prend, plus brutale que la fièvre,
Puis, pendant toute une année, rien, non, rien.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Carolus Duran

 

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