Arbrealettres

Poésie

Pierre (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Pierre

Les villages somnolent sous leur couvercle de pierre
rêvant tout haut dans la voix des batteuses
les matins se soulèvent d’argent
entre les arbres immobiles d’attente et d’espoir
l’espace jeté sur le monde
se consume comme un peu d’alcool trop bleu
vos fantômes se couchent au seuil des portes
spongieux d’incertitude
Un souffle menu comme un fil de lumière
s’échappe de leurs poumons de soie rouge
De vieilles prières d’amour
apprises au long des routes
étanchent leurs lèvres pâles
Quelques lambeaux de femme
flottent dans leur cœur vide…
Les charrues jouent mal du violon
sur les coteaux savonnés de brume.
Automne, ô belle fille baignée de larmes
ô belle blonde qui plonge tes seins nus
dans la paume transparente du soleil
tes yeux sont trop clairs de regrets
Ta bouche entr’ouverte brille d’un peu de ciel
ta poitrine se plaint dans la brise exténuée
Nul ne sait où tombe ton regard
où se désespèrent muettes tes feuilles mortes
Nul ne sait si la mort fait mourir
Si le soleil est éternel de l’autre côté du monde.

(Lucien Becker)

 

 

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