Arbrealettres

Poésie

Archive for 24 octobre 2017

Moi, je ne réponds pas à la question (Odile Caradec)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017




    
Moi, je ne réponds pas à la question
date de naissance
de chaque seconde je suis expulsée en trombe
je crie très fort pour trouver une place
à l’ombre

(Odile Caradec)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Ô Poètes (Odile Caradec)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017




    
Ô Poètes,
sommes-nous comme les poulets ? Avons-nous
une peau succulente ? Qui le dira ? Qui nous
mangera ?
[..]
La tête du poète est une cocotte-minute
Quand le poème est prêt, la vapeur siffle.
Ouvrez la marmite, le poème saute dans votre assiette.

(Odile Caradec)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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L’HEURE CREUSE (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Francine Van Hove
    
L’HEURE CREUSE

C’est le matin

Café lové
au fond des mains
j’avale le silence,
étreins
le jour délavé
ses danses,
écoute loin
réveil des pavés

La maison, un désert
encore dérangé
des rires d’hier,
pleine de nuit
attend que je la prépare
aux heures de lumière
le retour en fanfare
des petites vies

Je goûte
à cette paix
de cristal cher
puis je le vivrai
mon temps sur terre
qui s’ajoute

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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DÉLIVRANCE (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Takahiro Hara
    
DÉLIVRANCE

Après
une chaleur
lourde
sourde à tout
s’étire, lente, sous la peau

L’âme
un instant
est au repos
ne se glisse pas dehors
mais colle aux corps
s’y baigne de toi à moi
bien à l’étroit

Et je m’endors

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Toutes mes blessures (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Elizaveta Porodina    
    
Toutes mes blessures,
légères ou profondes,
sont des portes
où s’engouffre le monde

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Il y a là sous la chair (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Danny Quirk
    
Il y a là sous la chair
entre les os fragiles
et les réseaux habiles
dans une profondeur que les mots seuls éclairent
un lac sombre, un monde qui scintille,
d’homme en homme à la file
un fond de vies où j’erre,
où je plonge une et reviens mille

(Carole Zalberg)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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Bancs publics (Georges Brassens)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Michal
   

Bancs publics

Les gens qui voient de travers
Pensent que les bancs verts
Qu’on voit sur les trottoirs
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents
Mais c’est une absurdité
Car à la vérité
Ils sont là c’est notoire
Pour accueillir quelque temps les amours débutants

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

Ils se tiennent par la main
Parlent du lendemain
Du papier bleu d’azur
Que revêtiront les murs de leur chambre à coucher
Ils se voient déjà doucement
Ell’ cousant, lui fumant
Dans un bien-être sûr
Et choisissent les prénoms de leur premier bébé

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

Quand la saint’ famill’ machin
Croise sur son chemin
Deux de ces malappris
Ell’ leur décoche hardiment des propos venimeux
N’empêch’ que tout’ la famille
Le pèr’, la mèr’, la fille
Le fils, le Saint Esprit
Voudrait bien de temps en temps pouvoir s’conduir’ comme eux

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

Quand les mois auront passé
Quand seront apaisés
Leurs beaux rêves flambants
Quand leur ciel se couvrira de gros nuages lourds
Ils s’apercevront émus
Qu’ c’est au hasard des rues
Sur un d’ces fameux bancs
Qu’ils ont vécu le meilleur morceau de leur amour

Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’fouttant pas mal du regard oblique
Des passants honnêtes
Les amoureux qui s’bécott’nt sur les bancs publics
Bancs publics, bancs publics
En s’disant des « Je t’aime » pathétiques
Ont des p’tit’s gueul’ bien sympathiques

(Georges Brassens)

 

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Musique de l’indifférence (Samuel Beckett)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017


 


 

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musique de l’indifférence
coeur temps air feu sable
du silence éboulement d’amours
couvre leurs voix et que
je ne m’entende plus
me taire

(Samuel Beckett)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Jaya Suberg

 

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LE PAVILLON DES PARFUMS (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



 

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LE PAVILLON DES PARFUMS

Si j’ouvrais ce flacon dans lequel
repose un parfum illustre, son violent arôme t’incommoderait.

Quand je te caresse, ô ma buire d’ambre,
n’exhale pas tes pensées d’amour!

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

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PASSER (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



PASSER

Enfance qui fus dans l’espace
Un vol poursuivi jusqu’au soir
J’appelle ton ombre à voix basse
Avec la peur de te revoir

Soeur en deuil de tes robes claires
Ta fuite est l’oiseau bleu des jours
Que de son chant fait la lumière
Des gestes rêvés par l’amour

C’est par ton charme qu’une fille
D’un corps ébauché dans les cieux
A formé la larme des villes
Qui s’illuminent dans ses yeux

Et ce fut ton âme de rendre
Mon doute plus que moi vivant
Passerose aux ailes de cendre
Qui m’ouvrais ton coeur dans le vent

(Joë Bousquet)

 

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