Arbrealettres

Poésie

AUX LISIÈRES (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



AUX LISIÈRES

I

Nous avons longtemps cru qu’il nous suffisait
d’allonger le bras pour toucher le ciel
et tenir en laisse le vieil horizon

si longtemps qu’en nous le geste demeure
à la vue d’une femme à l’aube surprise
lavant dans ses larmes le jour et la nuit

que plus rien ne reste à la fin que l’ombre
pour raser de frais au fil de l’amour
nos corps effondrés dans la chambre avec

le ciel comme un bras sur le parquet nu

II

Amour, disais-tu. J’entendais lisières
genêts, passerelles. Tes yeux résistaient.
Ce n’était pourtant qu’un seuil à franchir.

Déborder le corps et qu’amour soit d’eau
vive, non comme ici lac où tournent tournent
poissons et noyés, le ciel, les nuages

les belles promesses. Reste, disais-tu.
Je voyais mourir les hommes aux barrières
battre comme un bleu crevé par l’orage.

leurs bras affolés leurs ailes d’Icare.

(Guy Goffette)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

Une Réponse to “AUX LISIÈRES (Guy Goffette)”

  1. […] AUX LISIÈRES I Nous avons longtemps cru qu'il nous suffisait d'allonger le bras pour toucher le ciel et tenir en laisse le vieil horizon si longtemps qu'en nous le geste demeure à la vue d'une femme à l'aube surprise lavant …  […]

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